Centrafrique: les principaux groupes armés appellent à un cessez-le-feu

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À trois jours de la présidentielle et des législatives en Centrafrique, et alors que la tension sécuritaire est vive, les principaux groupes armés, rassemblés au sein de la Coalition patriote pour le changement, lancent un appel au cessez-le-feu de 72 heures dans une déclaration. Ils mènent depuis près d’une semaine une offensive pour tenter d’obtenir la suspension de l’élection sous peine sinon, de rejoindre la capitale.

Il s'agit de la troisième déclaration des groupes armés depuis qu'ils ont annoncé la création de cette coalition (CPC). Tout comme les précédentes, elle n’est pas signée mais des sources au sein de plusieurs groupes armés membres de la Coalition des patriotes pour le changement confirment son authenticité, dont un haut responsable du groupe armé 3R. Cependant, toutes les composantes de cette coalition ne l’ont pas formellement confirmé, rapporte notre envoyée spéciale à Bangui, Florence Morice.

La déclaration est datée du 23 décembre. Les auteurs y déclarent un cessez-le-feu unilatéral de 72 heures sur toute l’étendue du territoire et ce, pour l’ensemble des combattants de la coalition. Ils « invitent » également le pouvoir centrafricain à faire de même et le président Touadéra à « suspendre les élections » et convoquer sans délai des concertations, leur toute première revendication.

Le scrutin toujours prévu dimanche

Pour le moment, en tout cas la stratégie de ces groupes armés ne semble pas avoir porté ses fruits. Les autorités n’ont pas formellement réagi à cet appel et ce 24 décembre au matin, à Bangui, le parti du président Touadéra continuait de battre campagne.

Le message qu'a adressé le président Touadéra à ses homologues français, russes ou encore rwandais montre d'ailleurs qu'il n'est pas sur la même ligne que le CPC. « Il leur a demandé de l’aide pour la sécurisation du pays pour que les élections se passent dans de bonnes conditions », selon Albert Mokpème, ministre et porte-parole du gouvernement centrafricain.

Dans son communiqué, la coalition dénonce d’ailleurs la présence de force étrangère dans le pays, alors qu’elle est elle-même soupçonnée d’avoir fait appel à des mercenaires étrangers.

Selon Albert Mokpème, ces mises en garde auraient d’ailleurs permis de calmer la situation sur le terrain. Et si les tensions venaient à reprendre ? « Nous sommes demandeur de toute l’aide que nous pouvons avoir car en face, les groupes armés s’approvisionnent lourdement », répond-il.