Centrafrique: les autorités annoncent la reprise de Beloko par l'armée

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Le gouvernement annonce avoir repris de la ville de Beloko, qui était jusqu'à présent aux mains de la coalition rebelle, la CPC. Cette ville frontière avec le Cameroun est désormais sous le contrôle des Forces armées centrafricaines, et leurs alliés russes et rwandais, selon les autorités.

La reprise de Beloko va permettre la réouverture de cet axe vital pour le ravitaillement de la capitale centrafricaine, explique le ministre de la Communication, Ange-Maxime Kazagui.

« C’était l’objectif après Boali, Bossembélé, Bouar, ouvrant ainsi cette nationale qui mène au Cameroun et qui fait la desserte de notre pays et l’exportation à partir de notre pays. Il va être aussi bien question à Beloko que dans les autres villes qui ont été reprises, de maintenir une présence forte qui puisse prévenir toute autre attaque et faire en sorte que la circulation puisse être fluide, avec des risques d’attaques minorés sur ce tronçon. »

Quant à la la reprises des convois, Ange-Maxime Kazagui explique que cela « va dépendre de plusieurs choses, y compris des ministres de la Défense, de la Sécurité et des Transports » mais qu’avant tout, « il va falloir s’assurer d’abord que la sécurité est à un niveau permettant une circulation à moindre risque et à partir de ce moment-là, entamer des discussions d’organisation avec les transporteurs ». Difficile donc de se prononcer sur cette reprise pour le moment, assure le ministre : « Je ne peux pas vous dire si ce sera demain, après-demain ou dans trois jours ».

La quasi-totalité des marchandises importées par la Centrafrique arrive par la route depuis le Cameroun. Selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations unies, plus de 1 600 camions sont actuellement bloqués à la frontière avec le Cameroun, dont 500 d'aide humanitaire.

L'annonce de la CPC de se retirer du corridor fait réagir

Cette route principale menant au Cameroun est fermée depuis environ deux mois, la coalition armée concentrant ses efforts pour bloquer cet axe afin d'asphyxier Bangui. Mais la CPC a annoncé mercredi accepter de se retirer temporairement du corridor et de laisser passer l’aide humanitaire. Une annonce qui n’a pas manqué de susciter des réactions à Bangui.

Côté politique, le mouvement présidentiel le Mouvement cœurs unis voit d’un œil critique cette annonce. « Je pense pour ma part que c’est une déclaration ahurissante vis-à-vis de la population », estime Evariste Ngamana, rapporteur général et porte-parole du MCU, interrogé par notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset.

« Aujourd’hui le rapport de force a changé grâce au travail qui est en train d’être fait par les forces de défenses nationales appuyées par les alliés. Le corridor Bangui-Garoua-Boulai est en train d’être dégagé et devant ce revers que subit la coalition CPC, c’est pour ça qu’ils prennent cette position. Ils n’ont aucune légitimité, il ne leur appartient nullement d’ouvrir et de fermer le corridor. Le corridor est sous la responsabilité du gouvernement centrafricain. »

Côté société civile, on se réjouit bien sûr d’une possible ouverture du corridor tout en questionnant les intentions de la rébellion.

« C’est ce que tout le monde souhaite, pointe Gervais Lakosse, le coordonnateur du groupe de travail de la société civile. Parce qu’asphyxier Bangui je ne sais pas si c’est une stratégie raisonnable de combat. Parce que finalement leur combat, ils le font contre qui ? Contre le régime de Touadéra ou contre le peuple centrafricain ? Parce que bloquer le corridor c’est beaucoup plus le bas peuple qui en est victime. »