Centrafrique : deux attaques de groupes armés à Bangui repoussées

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Les groupes rebelles armés à l'offensive contre le régime du président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, nouvellement réélu, ont mené pour la première fois, mercredi 13 janvier, deux attaques aux portes de Bangui, mais ont rapidement été repoussés par l'armée. Les précisions de Cyril Payen, envoyé spécial de France 24 dans la capitale centrafricaine.

La première attaque des rebelles aux abords de la capitale centrafricaine Bangui depuis le début de leur offensive contre le président fraîchement réélu Faustin-Archange Touadéra a été repoussée, faisant un mort chez les Casques bleus et au moins une dizaine parmi les assaillants.

Il s'agit des premiers affrontements aux portes de Bangui depuis que six des principaux groupes armés qui contrôlent deux tiers de la Centrafrique depuis le début de la guerre civile il y a huit ans, ont annoncé la formation en décembre d'une coalition et lancé une offensive pour empêcher la réélection de Faustin-Archange Touadéra.

Les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) menaient, jusqu'alors, des attaques sporadiques généralement repoussées par les quelque 12 000 Casques bleus de la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), appuyés par d'importants contingents de militaires rwandais et de paramilitaires russes débarqués à la rescousse du gouvernement et de son armée.

"La ville s'attendait à cette démonstration de force, alors que les groupes armés avaient promis de fondre sur la capitale, et cette menace est devenue réalité aux premières heures de la journée", indique Cyril Payen, envoyé spécial de France 24 à Bangui.

Et d'ajouter : "La situation est très volatile, mais on sait qu'il y eu des victimes et des combats assez violents [dans ces deux attaques], notamment dans le nord et l'ouest, qui ont impliqué les forces armées de Centrafrique, mais également les renforts des forces spéciales rwandaises et des éléments russes".

Faustin-Archange Touadéra a été déclaré le 4 janvier vainqueur du scrutin du 27 décembre, très contesté par l'opposition, pour lequel seulement un peu moins d'un électeur inscrit sur deux a pu voter en raison de l'insécurité hors de Bangui.

"L'attaque a été repoussée par les Casques bleus, conjointement avec les forces armées centrafricaines", a déclaré le porte-parole de la Minusca, qui "déplore la perte d'un Casque bleu" rwandais.

À 15h GMT, des tirs sporadiques retentissaient encore dans plusieurs quartiers de la capitale. Le gouvernement a évoqué des "opérations de ratissage" et des hélicoptères sont engagés contre les rebelles dissimulés dans les collines, selon plusieurs sources humanitaires.

Ces attaques interviennent le jour où le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir, à la demande de la France, sur la Centrafrique avec à l'ordre du jour la présence de troupes étrangères et de mercenaires dans ce pays et l'embargo sur les armes, en vigueur depuis le début de la guerre civile.

Avec AFP