Des centaines d’Africains s’échouent dans l’île de Chypre

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Le camp de Kokkinotrimithia, à une vingtaine de kilomètres de la capitale.
Le camp de Kokkinotrimithia, à une vingtaine de kilomètres de la capitale.

Un petit groupe de Nigérians tue le temps sur une petite place de la vieille ville. Ils viennent de Lagos et d?Abuja. Ils ont débarqué en avril dans cette île, à peine plus vaste que la Corse, proche des côtes turques et libanaises. « Nous dormons le soir sur des bancs et nous ne nous nourrissons pratiquement que de pain », assure l?un d?entre eux, aux cheveux teints en roux. Il joint le geste à la parole et ouvre son sac pour nous montrer des quignons et des miettes. Leurs histoires sont identiques : ils ont pris un vol pour Istanbul, dans l?espoir d?arriver, depuis la Turquie, dans un pays de l?Union européenne. Ensuite, pour une raison qu?ils ne souhaitent visiblement pas expliquer, ils se sont retrouvés en République turque de Chypre du Nord (RTCN), une zone occupée depuis 1974 par l?armée turque, et que la communauté internationale ne reconnaît pas.

Sans trop de difficultés, et sans posséder de visa, ils ont franchi la « ligne verte », longue de 180 kilomètres, qui sépare cette enclave de la République de Chypre, membre de l?Union européenne, habitée par des Chypriotes grecs. En effet, il s?agit d?une « frontière » qui n?est pas reconnue. Les autorités chypriotes ne peuvent pas les bloquer. Ni les renvoyer en Turquie : les deux pays n?entretiennent pas de relations diplomatiques. Mais ensuite, comment trouver du travail dans un pays de moins d?un million d?habitants au tissu industriel modeste ? Chypre est un paradis fiscal, vivant principalement grâce [...] Lire la suite

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