Celia Levi bouscule le bien-disant culturel dans « La Tannerie »

Par Valérie Marin La Meslée
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La jeune romancière Celia Levi.
La jeune romancière Celia Levi.

On avait salué et, pour tout dire, adoré son formidable Dix Yuans un kilo de concombres, situé en Chine (Shanghai), dont l'autrice est en partie originaire. Il venait après Les Insoumises et Intermittences. Son quatrième livre s'inscrit dans un univers où les jeunes femmes ont la part belle, souvent tiraillées entre le (plus ou moins) dur réel et leurs aspirations profondes. C'est le cas de Jeanne, jeune Bretonne qui ambitionnait de devenir libraire et, faute d'y parvenir, se retrouve « accueillante » dans un centre culturel à Pantin, banlieue nord-est de Paris, dénommé La Tannerie, en raison de son histoire d'ancienne usine. Cette fois, Celia Levi interroge la société française contemporaine, et plus encore une certaine population parisienne. Son personnage très attachant dans ses fragilités cherche à décoder un milieu inconnu d'elle, celui des lieux culturels « branchés » et pleins de belles valeurs, de bons sentiments, mais qui, dans leurs pratiques, ne sont pas tout à fait « raccord », et c'est un euphémisme?

Elle trouva une contenance, parla de son stage en librairie, de ses études à Rennes, de la Bretagne, un technicien et une fille de la billetterie venaient du Finistère, ils se moquèrent d?elle gentiment car elle venait du Morbihan, elle n?était pas une vraie Bretonne. Il y avait des joints qui circulaient, elle but de la vodka avec un peu de jus d?orange, c?était fort et sucré.

Alors, quand, au milieu du roman, alors que Jeanne avance tant bien que [...] Lire la suite