Une "ceinture d'accouchement" médiévale livre ses secrets

·2 min de lecture

Donner la vie dans l’Europe médiévale constituait une épreuve périlleuse pour la mère comme pour le bébé. Des ceintures de naissance ou rouleaux d'accouchement en parchemin étaient alors censés apporter de l’aide pour que grossesse et accouchement se déroulent en toute sécurité. L’un de ces manuscrits vient d’être analysé.

L'analyse d'une "ceinture d'accouchement" du 15e siècle fabriquée en Angleterre, constituant un précieux témoignage sur l'art des naissances au Moyen Age, vient d'apporter, preuves biologiques à l'appui, un nouvel éclairage sur les rituels pratiqués par les femmes enceintes pour se protéger lors de la délivrance. Il s'agit d'un parchemin en peau de mouton, très usé, mais bien conservé, recouvert d'invocations, de formules incantatoires et d'images, dont un crucifix, comme le détaille une étude parue dans la revue Royal Society Open Science.

D'une largeur de dix centimètres et d'une longueur de plus de trois mètres, cette ceinture nommée MS 632 était, selon les chercheurs, enroulée autour du ventre pour conférer une protection aux parturientes à la façon d’un talisman.

Méthodes possibles du port des ceintures de naissance lorsqu'elles étaient utilisées avant, et pendant l'accouchement. ©Cambridge University / Collection Wellcome

Grâce à une technique d'analyse biomoléculaire, une équipe de chercheurs a pu y détecter des traces de miel (protéines de gelée royale), de lait, de blanc d’œufs, de plantes légumineuses (fèves), de céréales (blé, orge, épeautre). Surtout, elle y a décelé des peptides humains provenant de fluides vaginaux, preuve de l’utilisation effective de cette ceinture lors d'accouchements, a expliqué l'auteur principal de l’étude, Sarah Fiddyment, de l'Institut McDonald de recherche archéologique de l'Université de Cambridge (Royaume-Uni). Une première.

L'accouchement était en effet un moment très délicat au Moyen-Age, les taux de mortalité néonatale de la mère et de l'enfant se situant entre 30 et 60 %, rappellent les chercheurs. Ce nombre élevé de décès reflète les complications que pouvaient aussi causer les infections post-partum. Il arrivait régulièrement que la mère décède quelques jours après l'accouchement des suites d'une fièvre puerpérale.

Cette découverte apporte un rare témoignage direct sur la santé des femmes et les soins obstétricaux[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi