Cazeneuve met en garde contre le "funeste" FN, interpelle Mélenchon

Bernard Cazeneuve appelle à faire échec au "projet funeste" du Front national, soulignant que l’Union européenne "ne résisterait pas au nouveau choc" que constituerait l'élection de Marine Le Pen. /Photo prise le 3 mars 2017/REUTERS/Michalis Karagiannis

PARIS (Reuters) - A six jours du second tour de l'élection présidentielle, Bernard Cazeneuve appelle à faire échec au "projet funeste" du Front national, soulignant que l’Union européenne "ne résisterait pas au nouveau choc" que constituerait l'élection de Marine Le Pen.

Dans une tribune à paraître mardi dans Libération, intitulée "La France a besoin de clarté", le Premier ministre somme Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, de se prononcer clairement en faveur d'Emmanuel Macron, sous peine de "faute morale", contre la candidate d'extrême droite.

"L’amertume, le cynisme, l’absence de lucidité face à la vraie nature du Front national seraient des fautes que l’histoire jugerait sévèrement", écrit Bernard Cazeneuve.

"A Jean-Luc Mélenchon et à ceux qui le suivent ou tergiversent, je veux dire qu’il est encore temps de faire le choix de la République, et que ne pas le faire en vertu d’un goût irrépressible pour la rupture ou la révolution relèverait d’une impardonnable faute morale", ajoute-t-il.

"Bien entendu, le soutien sans restriction que nous apportons à Emmanuel Macron en cette circonstance ne signifie pas que nous approuvions sans réserve la totalité de son projet. Mais c’est dans le cadre des élections législatives que l’orientation de son quinquennat sera scellée", précise le chef du gouvernement.

Pour Bernard Cazeneuve, ce qui est en jeu le 7 mai, "c’est l’ancrage européen de la France, c’est la résistance de son économie face à la concurrence mondiale."

"C’est enfin sa volonté de continuer à faire vivre les valeurs de la République, alors que la menace terroriste demeure élevée", affirme-t-il.

"L’Union européenne, fragilisée par le Brexit, ne résisterait pas au nouveau choc que constituerait l’arrivée au pouvoir en France d’un gouvernement ouvertement europhobe", juge-t-il.

La sortie de l'euro qu'envisage Marine Le Pen "aurait pour principale conséquence d’appauvrir les plus modestes des Français, dont l’épargne perdrait en valeur sous l’effet de l’inflation, alors même que les plus riches pourraient conserver des comptes en euros, pour préserver leur patrimoine et leurs intérêts", considère le chef du gouvernement.

Bernard Cazeneuve met en garde en outre contre "la fascination qu’exercent sur Marine Le Pen certains chefs d’Etat, dont le populisme ou la brutalité ne contribuent pas à la stabilité du monde", et qui "créerait une forme d’inféodation aux visées de ceux dont elle se réclame."

"Elle s’ajouterait à l’abaissement de notre pays, qui résulterait de l’élection de l’extrême droite, au détriment d’une certaine idée de la France, faite d’indépendance et de respect des principes universels."

(Sophie Louet)

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