Le cauchemar des migrantes guatémaltèques violées sur la route du «rêve américain»

AP - Santiago Billy

La migration en Amérique centrale renferme un drame tabou, celui des femmes guatémaltèques qui émigrent aux États-Unis et qui se préparent avec des contraceptifs afin de prévenir les résultats d’un viol quasi certain sur la route. RFI en espagnol a obtenu des témoignages de femmes – et d’hommes – aux deux extrémités du trajet. Ils racontent la cruauté des passeurs et comment, s'ils retournent dans leurs villages, ils sont stigmatisés.

Tout le monde le sait, mais personne n'en parle. Le viol est un sujet tabou dans les communautés autochtones. Si une femme a émigré aux États-Unis et a subi des abus sexuels, elle ne le dira jamais. Elles se préparent à leur voyage vers les États-Unis comme on part à la guerre, car elles savent qu'elles peuvent être violées, voire assassinées durant le trajet.

Après une recherche qui semblait impossible, nous avons trouvé l'histoire d'une jeune femme autochtone, qui a accepté de nous raconter anonymement son expérience déchirante lors de son voyage vers le nord. « Quand j'ai voulu commencer mon voyage aux États-Unis, bien sûr que j'avais peur. Je pensais que des personnes pourraient abuser de moi », témoigne-t-elle.

Une angoisse permanente

« J'ai décidé de quitter le Guatemala pour voyager aux États-Unis parce que je voulais réaliser mon rêve américain. Au Guatemala, même si vous avez obtenu votre diplôme d'études secondaires, vous ne trouvez pas de travail, alors pour pouvoir vivre, il faut prendre des décisions de vie ou de mort », poursuit la jeune femme.

Traduit par Elsa Olaizola


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