Les catholiques en pleine radicalisation

Libération.fr

Alors qu’en 2002, la hiérarchie de l’Eglise avait appelé à s’opposer au FN, quinze ans après, les consignes sont plus floues.

Christine Boutin passant avec armes et bagages au Front national, Sens commun refusant de choisir entre le «chaos Le Pen» et le «pourrissement Macron», la Manif pour tous s’exclamant «le 7 mai, Macron, c’est non»… Le catholicisme français de 2017 ne ressemble clairement pas à celui de 2002. «Il y a beaucoup de débats internes, relève une responsable d’un diocèse d’Ile-de-France. Je crains vraiment qu’une frange non négligeable de catholiques ne choisisse Marine Le Pen.» Revendiquant parler au nom de prêtres et de religieux, un mystérieux et anonyme collectif Antioche a même lancé un appel à voter Marine Le Pen. Site très prisé dans les milieux catholiques ultraconservateurs, le Salon beige a relayé l’appel et va jusqu’à affirmer que des évêques font partie de ce collectif.

Otage. Ces dernières années, les digues catholiques contre le FN cèdent les unes après les autres. Cet entre-deux-tours accélère singulièrement le mouvement. Prise en otage par la frange issue de la Manif pour tous, la hiérarchie catholique est, quant à elle, tétanisée. En zone rurale, les responsables redoutent aussi de braquer leurs fidèles de plus en plus perméables aux sirènes frontistes. Incarnant le libéralisme sur les questions de société, le vote Macron est devenu rédhibitoire pour les franges catholiques les plus conservatrices, à cran depuis sa défaite contre la loi Taubira.

Il y a quinze ans, dès la qualification de Jean-Marie Le Pen, plus d’une vingtaine d’évêques avaient pris position et appelé à faire barrage au FN. En tête, le cardinal Jean-Marie Lustiger. Rien de tel en 2017. Se retranchant derrière le fait qu’elle ne donne pas de consigne de vote, la Conférence des évêques de France a publié, dimanche soir, un texte très timoré où il fallait lire entre les lignes une condamnation du Front national. «Ce texte a mécontenté pas mal d’évêques, affirme un (...)

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