Des catholiques se mobilisent avec la bénédiction des évêques pour pouvoir célébrer la messe

Marie Conquy et Robin Verner avec AFP
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Photo d'illustration - THOMAS COEX / AFP
Photo d'illustration - THOMAS COEX / AFP

Ils veulent retrouver leurs dimanches. Les catholiques sont nombreux à souhaiter un assouplissement du confinement afin de pouvoir à nouveau participer à la messe. Certains d'entre eux commencent à se mobiliser au travers de manifestations comme à Nantes ou Versailles pour faire entendre leurs revendications. Ils bénéficient du soutien moral du clergé. Actuellement, les mesures de confinement maintiennent les lieux de culte ouverts mais ne permettent pas la célébration collective des offices. Les enterrements et les mariages forment les seules exceptions mais l'affluence y est tout de même très limitée.

Selon "des modalités précises"

Ainsi, une manifestation "Pour la messe" prévue à Nantes par des catholiques réclamant de pouvoir continuer à célébrer la messe en présence du public, suspendue pendant le confinement, sera autorisée dimanche, a indiqué vendredi la préfecture de Loire-Atlantique après un précédent rassemblement qui a réuni 500 personnes le week-end dernier.

"Au vu du contexte terroriste et sanitaire, cette manifestation devra se tenir selon des modalités précises", a précisé la préfecture dans un communiqué.

Les autorités ont toutefois précisé que le rassemblement ne pourrait pas avoir lieu devant la cathédrale mais sur la place Graslin, à une quinzaine de minutes à pied.

Rendez-vous lundi

Le 8 novembre, outre Nantes, quelque 550 fidèles s'étaient rassemblés devant le parvis de la cathédrale à Versailles. Contactée par BFMTV, l'Eglise - en l'occurrence la Conférence des évêques de France et l'archidiocèse de Paris - a indiqué ne pas être à l'origine de ces appels et actions mais les accueillir avec bienveillance. Dans un communiqué de presse émis samedi dernier, la Conférence des évêques de France regrettait que les fidèles ne puissent plus se rassembler pour les messes et soulignait que les décisions prises allaient faire "l’objet d’un réexamen de leur caractère adapté et proportionné, ce qui suppose l’engagement à bref délai d’une concertation avec l’ensemble des représentants des cultes, destinée à préciser les conditions dans lesquelles ces restrictions pourraient évoluer". Selon la Conférence des évêques de France, cette clause de revoyure avait été fixée par le Conseil d'Etat au 16 novembre, soit lundi prochain.

Cependant, le Conseil d'État nous a précisé ce vendredi en fin d'après-midi qu'il ne prendrait pas de décision regardant les cultes et leur exercice lundi:

"La date du 16 novembre correspondait à l'expiration de l'état d'urgence, et donc, à l'expiration simultanée des mesures de restriction concernant l’exercice des cultes."

Comme cela est écrit dans la décision, "l'administration a informé le juge des référés, à l'audience, du réexamen prochain des mesures de restriction à l'exercice du culte dans la perspective de la prorogation de l’état d’urgence sanitaire en cours de discussion au Parlement. Le juge des référés du Conseil d’État s’est contenté de souligner l'utilité, pour la détermination de mesures adaptées et proportionnées, de l'engagement à bref délai d'une concertation avec l'ensemble des représentants des principaux cultes", a-t-il développé.

Manifestation à Saint-Sulpice

Ce vendredi devant l'église Saint-Sulpice à Paris, des croyants ont manifesté pour demander le retour des messes, pour "être au plus près de Dieu".

"On est tout à fait prêt à faire des efforts. Ce qu'on veut avant tout, c'est le retour de la messe, sans condition. Sans griffonner sur des bouts papier des noms imaginés et des numéros de téléphone qui n'existent pas. Ce qu'on veut, c'est retourner à la messe avec ce qu'on a connu avant le confinement", a expliqué au micro de BFMTV Guillaume Lagravière, organisateur du rassemblement.

Et le fidèle de se dire prêt à mettre tout en œuvre pour éviter les contaminations au sein des églises: gel hydroalcoolique, distanciation sociale et masques.

"On est prêt à le faire, on le fera, donc il faut arrêter de nous prendre pour des enfants. (...) Si des enfants en maternelle, ou au collège, ou des lycéens peuvent respecter ces distances, pourquoi des catholiques (ne) pourraient pas le faire?", se demande-t-il.

Article original publié sur BFMTV.com