CATALOGNE Un procès à défaut de processus

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Douze indépendantistes catalans sont appelés à comparaître ce mardi à Madrid dans des circonstances extraordinaires, alors que le Premier ministre Pedro Sánchez est accusé par la droite et l’extrême droite de chercher un compromis.

Un pays tout entier attend l’ouverture, ce mardi matin, du procès le plus important de ces dernières années. Un procès duquel, de l’avis général, dépendent le futur politique de l’Espagne, sa cohésion interne et son prestige international. Durant trois mois, douze leaders catalans indépendantistes, accusés d’avoir tenté de «déchirer» le pays il y a deux ans, seront auditionnés puis jugés dans le Salón de Plenos - la plus grande salle, spécialement habilitée pour l’occasion - du Tribunal suprême, à Madrid. La gravité des chefs d’accusation indique qu’il n’y a pas de précédent depuis la fin du franquisme en 1975 : «rébellion» (d’une spéciale gravité selon le code pénal espagnol), «sédition», «malversations de fonds», «appartenance à organisation criminelle», «désobéissance à l’autorité».

Ces charges sont liées au défi séparatiste lancé par une poignée de dirigeants catalans à l’automne 2017 autour de trois principaux temps forts survenus à Barcelone : l’adoption contestée d’une loi sur un référendum d’autodétermination le 6 septembre ; la tenue de ce référendum déclaré illégal par le Tribunal constitutionnel de Madrid et réprimé par la police nationale, le 1er octobre ; et une déclaration unilatérale d’indépendance de la part du chef de l’exécutif régional d’alors, Carles Puigdemont - aujourd’hui réfugié en Belgique (lire ci-contre) pour éviter les sanctions judiciaires - le 27 octobre. Le procureur général a requis des peines très lourdes pour la plupart, allant de seize ans d’inéligibilité à vingt-cinq ans d’incarcération.

Deux logiques irréconciliables

Les accusés, qui ont été déplacés de leur prison près de Barcelone vers des pénitenciers madrilènes - à Soto del Real pour les hommes, à Alcalá-Meco pour les femmes -, sont tous des (...)

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