Catalogne: à deux mois des législatives, un exécutif régional à bout de souffle

·3 min de lecture

L’actuel exécutif régional de Catalogne, qui prône la séparation unilatérale avec l’Espagne, vit ses derniers jours puisqu’il finit son mandat. De nouvelles élections législatives, qui renouvellent le Parlement catalan, sont prévues le 14 février. Et l'exécutif est à bout de souffle.

Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau

Le gouvernement catalan, qui vit ses derniers jours, est à bout de souffle politiquement. Son président, Quim Torra, a été destitué fin septembre par la justice espagnole pour avoir brandi sur le fronton du palais du gouvernement des drapeaux indépendantistes. C’est le vice-président, Père Aragonés, qui est aux manettes mais il n’assure que la gestion des affaires courantes.

Comme dans les seize autres régions espagnoles, l’exécutif régional est aux abois en raison de la pandémie. Mais en Catalogne, cet affaiblissement est doublé d’une crise politique. Cet exécutif est officiellement en faveur de l’indépendance. Mais il est profondément divisé entre d’un côté les pragmatiques d’Esquerra, qui veulent à tout prix négocier tout possible référendum avec le pouvoir central à Madrid, et d’un autre côté les radicaux de Junts, qui eux continuent de prôner une sécession unilatérale, persuadés que jamais le pouvoir central ne permettra l’indépendance de la Catalogne.

Le bateau séparatiste ne sait plus comment naviguer

Il n’y a plus de stratégie commune. D’une part, le séparatisme n’est plus considéré comme une priorité alors que le coronavirus fait rage et qu’il faut d’abord s’attaquer à ce fléau. Et d’autre part, il y a un essoufflement politique des indépendantistes. Les radicaux sont eux-mêmes divisés en deux nouvelles factions qui ne s’entendent pas.

Le bateau séparatiste ne sait donc plus comment naviguer. Ses capitaines n’ont pas de feuille de route. La possibilité d’une indépendance, et même d’un référendum, est de plus en plus lointaine. Pour l’instant, la seule revendication concrète est la libération des neufs dirigeants séparatistes incarcérés, qui purgent des peines allant jusqu’à 13 ans de prison.

Économie en berne

La situation économique n’est pas flamboyante non plus. Pour la troisième année consécutive, le PIB de la Catalogne, qui a toujours été la locomotive économique de l’Espagne, est inférieur à celui de la Région de Madrid. Cette dernière accapare deux tiers des investissements étrangers, contre seulement 15% pour la Catalogne, et les deux grandes organisations patronales catalanes, Foment et Pimec, disent qu’il faut s’attendre à la fermeture d'au moins 20% entreprises.

Une vraie catastrophe que ces deux organisations attribuent bien entendu à la pandémie mais aussi, disent-elle, à l’incurie et au laisser-aller du gouvernement séparatiste qui, à les en croire, se préoccupe davantage de l’identité des Catalans que de la santé de l’économie.

Le 14 février, les Catalans diront s’ils veulent que le mouvement indépendantiste se maintienne au pouvoir, comme c’est le cas depuis 2012, ou bien passe dans l’opposition.