Derrière les annonces de Castaner, le flou des mesures

Romain Herreros
Christophe Castaner s'exprimant depuis le l'Élysée le 27 mai (illustration). 

POLITIQUE - “Tolérance zéro”. Habituellement, ces deux mots sortant de la bouche d’un ministre de l’Intérieur servent à répondre à une question portant sur le sentiment d’insécurité. Pas ce lundi 8 juin, où Christophe Castaner ne s’exprimait pas sur les méfaits commis par des civils, mais par des policiers et gendarmes après des révélations accablantes sur le racisme dans la police

Pressé par Emmanuel Macron de passer la seconde sur ce dossier devenu brûlant, le “premier flic de France” a voulu montrer que le sujet était pris au sérieux place Beauvau. “Aucun raciste ne peut porter dignement l’uniforme de policier et de gendarme”, a déclaré le ministre de l’Intérieur, tout en récusant les “amalgames” faits selon lui à l’encontre des forces de l’ordre.

“Je refuse de dire que l’institution est raciste, mais oui, il y a des policiers racistes”, a nuancé Christophe Castaner, refusant que “les gestes odieux de quelques uns” puissent “jeter l’opprobre” sur l’ensemble de la profession. Même chose sur les violences policières, expression qu’il continue pourtant de refuser. Conscient que les paroles risquaient d’être insuffisantes dans un contexte inflammable, le ministre a donc annoncé des mesures, dont “une réforme en profondeur des inspections du ministère de l’Intérieur” censée permettre “plus de cohérence et d’indépendance” dans l’instruction des cas répréhensibles.     

Statu-quo 

Il a également promis que la gestion des actes racistes allait connaître un tournant. “J’ai demandé à ce qu’une suspension soit systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d’actes ou de propos racistes”, a annoncé l’ex-député socialiste. Une formule alambiquée qui fait déjà tiquer, tant le flou qui l’accompagne résonne comme un aveu de statu-quo. “Donc, même en cas de certitude, la suspension ne sera qu’envisagée. C’est malheureusement un descriptif assez fidèle de... la situation actuelle”, observe le patron d’EELV Julien Bayou.      

Ironie du sort, à quelques minutes de...

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