Cas d'hépatite aiguë chez les enfants, l'OMS avance trois hypothèses

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Une nouvelle forme inconnue d'adénovirus et les conséquences de la pandémie de Covid-19 pourraient expliquer l’émergence de cette épidémie qui touche les enfants.

SANTÉ - Malgré les enquêtes scientifiques en cours, le mystère demeure. L’inquiétude grandissante autour d’une forme d’hépatite aiguë touchant des enfants dans plusieurs pays ne faiblit pas.

À la date du 21 avril, l’OMS décomptait pas moins de 169 cas répartis dans 11 pays européens et aux États-Unis. Cette forme d’hépatite, d’origine encore inconnue, touche les enfants âgés d’un mois à 16 ans. Si la majorité des cas ont été signalés au Royaume-Uni (114), deux cas ont été identifiés en France.

Pour l’heure, la piste scientifique privilégiée est celle des adénovirus. Il existe plus de 50 types d’adénovirus immunologiquement distincts, généralement responsables d’infections des poumons et des voies respiratoires, pouvant provoquer un rhume et dans certains cas une pneumonie.

Pour autant, une infection par adénovirus “n’explique pas entièrement la gravité du tableau clinique”, indique l’OMS, laissant la porte ouverte à au moins une autre origine sous-jacente. Dans son dernier rapport sur les avancées de cette épidémie, l’OMS avance ainsi trois hypothèses pour tenter d’expliquer l’émergence de cette nouvelle forme d’hépatite.

Nouvel adénovirus et conséquences du Covid-19

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, “des facteurs tels qu’une sensibilité accrue chez les jeunes enfants suite à un niveau de circulation plus faible de l’adénovirus pendant la pandémie de Covid-19, l’émergence potentielle d’un nouvel adénovirus, ainsi que la co-infection par le SRAS-CoV-2, doivent être étudiés plus avant”.

En résumé, un adénovirus encore inconnu pourrait être la cause de cette épidémie. Ce virus respiratoire provoque des vomissements, des symptômes de rhume ou des conjonctivites, mais rarement une hépatite. Il pourrait donc s’agir d’une nouvelle variante d’adénovirus, comme l’expliquent des chercheurs écossais dans la revue Science: “Une variante présentant un syndrome clinique distinct ou une variante circulant couramment qui affecte plus gravement les jeunes enfants”.

Le passage du Covid-19 pourrait aussi avoir aggravé le système immunitaire des enfants, favorisant l’apparition de cette hépatite. Après les confinements, les enfants auraient été plus fragilisés par les adénovirus car bien moins exposés durant cette période inédite.

Par ailleurs, la piste d’une co-infection n’est pas écartée, comme le montrent les chiffres des testés effectués sur les enfants atteints par cette nouvelle forme d’hépatite. En effet, parmi les 169 enfants, 74 étaient positifs à l’adénovirus. Le Covid-19 a été détecté dans 20 cas parmi ceux qui ont été testés. “De plus, 19 ont été détectés avec une co-infection par le SRAS-CoV-2 et l’adénovirus”, souligne l’OMS dans ce rapport.

Pour autant, la piste d’effets secondaires dus aux vaccins contre le Covid-19 n’est pas étayée à ce jour. “La grande majorité des enfants touchés n’ont pas reçu le vaccin COVID-19”, avance l’agence onusienne.

Les conseils de l’OMS

“Il est très probable que davantage de cas seront détectés avant que la cause puisse être confirmée et que des mesures de contrôle et de prévention plus spécifiques puissent être mises en œuvre”, note aussi l’OMS qui indique travailler étroitement avec le Royaume-Uni, principal foyer de cette épidémie.

Pour l’institution spécialisée, “la priorité est de déterminer la cause de ces cas pour affiner encore les actions de contrôle et de prévention. Les mesures de prévention courantes contre l’adénovirus et d’autres infections courantes impliquent le lavage régulier des mains et l’hygiène respiratoire”.

L’OMS recommande également que des analyses de sang, de sérum, d’urine, de selles et d’échantillons respiratoires, ainsi que des échantillons de biopsie du foie (lorsqu’ils sont disponibles) soient réalisées pour affiner les enquêtes en cours.

Cependant, aucune restriction de voyage et de commerce avec le Royaume-Uni ou avec les autres pays où des cas ont été identifiés ne semble nécessaire pour le moment. Outre les 114 cas recensés chez des enfants en Grande-Bretagne et en Irlande du Nord, on dénombre à ce jour 13 cas en Espagne, 12 en Israël, 9 aux États-Unis, 6 au Danemark, moins de 5 en Irlande, 4 aux Pays-Bas et en Italie, 2 en France et en Norvège et un cas en Roumanie et en Belgique.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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