Les cartes d’identité d’Elena Lappin

Libération.fr

Après l’affaire Wilkomirski, la Londonienne se penche sur sa propre vie

Le coup sur la tête reçu par l’éditrice et écrivain londonienne Elena Lappin à l’âge de 48 ans un soir de février 2002 est stupéfiant, surtout lorsqu’on pense au livre sur lequel elle travaillait quelques années auparavant. On s’étonne même qu’elle ne voie pas dans cet événement un pied de nez du destin. Voici les faits : tandis qu’elle dîne et discute joyeusement avec ses trois enfants et son mari dans leur maison à Londres, un inconnu lui téléphone. Il se présente comme son oncle et affirme que l’homme qu’elle prend pour son père n’est pas son géniteur. Ce denier a émigré à New York depuis l’Union soviétique en 1973, «en tant que juif». Ce n’est pas tout : son grand-père biologique était espion. Elena Lappin sous le choc appelle sa mère à Hambourg. Celle-ci lui confirme que l’oncle inopiné dit la vérité. Plus tard dans la soirée, le père biologique de Lappin téléphone à son tour à sa fille.

Soi-disant rescapé.La falsification d’une identité n’est pas un sujet étranger à Elena Lappin : en 1998, elle a enquêté sur Binjamin Wilkomirski, un cas devenu célèbre d’imposture autobiographique. En 1995, Wilkomirski raconte dans un livre son expérience d’enfant juif en Pologne pendant la guerre et dans les camps. Fragments. Une enfance 1939-1948 (Calmann-Lévy, 1997) devient un best-seller mondial, mais très vite l’authenticité du témoignage de Wilkomirski est mise en cause : il ne tient pas la route. Un historien l’affirme et prouve la fausse identité du soi-disant rescapé. Wilkomirski s’appelle Bruno Dössekker, il est suisse et son enfance fut celle d’un orphelin traumatisé par l’abandon, non par l’Holocauste. Elena Lappin rencontre Dössekker pour comprendre son recours au mensonge. Elle ne condamne pas cette mystification, elle lui trouve une explication. Ses visites en Suisse et son enquête sont d’abord publiées par la revue Granta puis deviennent l’Homme qui avait deux têtes (L’Olivier, 2000).

La (...)

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