Carole et Carlos Ghosn, souvenirs de l'enfer

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Quatorze mois de cauchemar les ont soudés à jamais. Dans « Ensemble, toujours » (éd. de l’Observatoire), Carole et Carlos Ghosn font le récit de deux combats. Celui de l’ex-P-DG de Renault-Nissan du fond de sa prison nipponne et celui de son épouse, libre mais tout aussi isolée. A Paris Match, ils racontent le bonheur retrouvé et leur détermination à faire éclater la vérité. 

Paris Match. Un an après votre arrivée au Liban, vous vivez encore entouré de gardes du corps. Que craignez-vous ? Un enlèvement, un assassinat ?
Carlos Ghosn. C’est peu probable, mais pas impossible. Après ce que j’ai vécu, il m’est permis de penser que tout peut arriver. Je ne me fais pas trop d’illusions. Ces gardes sont là pour donner l’impression que je ne suis pas une cible facile. Et, surtout, pour rassurer ceux qui ont peur pour moi et tiennent à mon intégrité.
Carole Ghosn. Le traumatisme ne s’efface pas : j’ai peur pour Carlos, tout le temps.

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“Quand je suis arrivé ici, je me suis demandé pourquoi je n’étais pas mort”, racontez-vous dans votre livre en décrivant votre première nuit à la prison de Kosuge, le 19 novembre 2018. Avez-vous souvent eu des pensées aussi sombres ?
Carlos. Au plus profond de la descente, oui. Les deux premiers mois ont été terribles, surtout quand j’ai réalisé que personne, gouvernement français compris, ne lèverait le petit doigt pour moi.
Quelles images gardez-vous de cette cellule de 6,48 mètres carrés ?
Carlos. Son dénuement. Et l’eau glacée qui suintait des murs. Le matin, le sol en était couvert au point que je ne voulais pas y poser un pied. Il faisait 15 °C, pas plus. On vous explique que c’est par souci d’économie. En réalité, dès le début, leur volonté est de vous aplatir. Cette stratégie explique en partie ce chiffre délirant : dans 99,4 % des affaires, les procureurs japonais obtiennent des aveux. Trente minutes par jour, on me montait sur le toit avant de me pousser vers un sas ouvert sur le ciel, coiffé de barbelés. Chaque fois qu’un avion passait, je songeais à Carole. Au-dessus d’une pile de livres posés(...)


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