Carnage dans une église catholique au Nigeria : “L’hydre terroriste reprend du poil de la bête”

PHOTO STRINGER / REUTERS

Le Nigeria vient de subir l’une de ses pires attaques terroristes depuis la mort, en mai 2021, d’Abubakar Shekau, leader de la secte islamiste Boko Haram. En effet, des terroristes ont ouvert le feu, le 5 juin, sur des fidèles dans l’église catholique Saint-Francis de la ville d’Owo, dans l’État d’Ondo, situé dans le sud-ouest du Nigeria. Ils auraient également fait exploser des bombes, tuant au moins une cinquantaine de personnes [selon un bilan annoncé par les médias].

Quelle ignominie ! Quelle cruauté ! Ce carnage, qui a été déploré par les autorités et par le Saint-Père, montre que l’hydre terroriste semble avoir repris du poil de la bête au Nigeria. C’est dire si la mort d’Aboubakar Shekau a certes affaibli son mouvement mais n’a pas mis fin aux atrocités qui constituent la marque de fabrique de Boko Haram.

Pour l’heure, on ne connaît pas l’identité du groupe qui a commis l’hécatombe. Mais, à moins qu’un nouveau mouvement ne soit né dans ce laps de temps, cette tuerie à l’aveuglette est soit l’œuvre de Boko Haram soit celle d’Iswap [acronyme anglais de l’État islamique en Afrique de l’Ouest]. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette ignominie constitue un coup dur pour le président Muhammadu Buhari, dont le mandat s’achève en 2023.

40 000 morts et 2 millions de déplacés

C’est d’autant plus vrai que c’est l’illustration parfaite de l’échec de sa politique sécuritaire mise en place depuis une dizaine d’années. Le mandat du septuagénaire Buhari aura été des plus sanglants, lui qui avait pourtant promis dès sa prise de pouvoir en 2015 d’en finir en soixante jours avec l’hydre terroriste.

Mais, une décennie plus tard, le constat est triste, car le général Buhari n’a ni réussi à porter l’estocade à Boko Haram ni empêché la montée en puissance du mouvement rival, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), dont le chef n’était autre qu’Abu Musab Al-Barnawi, donné pour mort en 2021 par l’armée nigériane. En une douzaine d’années, le terrorisme aura fait au Nigeria plus de 40 000 morts et contraint plus de 2 millions de citoyens à fuir leurs villages.

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