Carlos Ruiz Zafón : les mots pour éternité

Le créateur du

"Chaque livre, chaque tome que tu vois, a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu et ont vécu et ont rêvé avec lui". C’est par ce passage fondateur de L’Ombre du vent, premier volet récompensé du prix Michelet de la tétralogie du Cimetière des livres oubliés, que l’éditeur catalan Planeta a révélé le décès de Carlos Ruiz Zafón, survenu dans sa ville d’adoption, Los Angeles, vendredi 19 juin.

A 55 ans, le Catalan était devenu l’écrivain de langue espagnol le plus lu depuis… Cervantès. Et avait même intégré le Top 5 des écrivains les plus lus au monde, selon le classement de Livres Hebdo et de The Bookseller. L’univers des livres de ce Paul Auster transpyrénéen, entre roman populaire, polar fantastique et poésie était tout entier dévolu à la chose écrite, à la littérature, sans se préoccuper qu’elle soit grande ou petite.

Cela intéressait peu Zafón, qui se ravissait d’être un auteur populaire, défendait les libraires et aborrhait les liseuses, ces engins froids et inertes. Son héros, Daniel Sempere, est d’ailleurs un libraire, fils de libraire, ami de bibliophiles, dont la mission, dans l’Espagne franquiste, est de sauver un livre qu’il aura choisi, gisant inanimé, là, dans les sous-sols de la ville, dans cette fameuse nécropole des écrits abandonnés, pour qu’il ne disparaisse pas à tout jamais.

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