Carlos Ghosn demande sa retraite chapeau : retour sur un sketch surjoué et arrogant

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Cet article est à retrouver dans le "Carnet des médiologues", où vous pouvez retrouver Régis Debray et sa bande chaque semaine.

On pensait avoir tout vu sur la capacité qu’a le monde médiatique à se mettre en scène. C’était sans compter sur la conférence de presse du 8 janvier 2020 organisée par Image 7, le célèbre cabinet d’Anne Meaux pour son client Carlos Ghosn à Beyrouth. Sans justifier les conditions de détention subies par l’ex-président de Renault Nissan au Japon ces derniers mois, tentons une analyse de cet événement sans précédent. Le Japon n’avait pas à le traiter comme cela, c’est certain, mais ce jour-là, il fut d’emblée égal à lui-même, c’est-à-dire que ce que l’on voit, ce qu’il est impossible de ne pas voir, c’est un être arrogant et dominateur qui veut tout contrôler. Même pour ceux qui ont aimé l’épisode de la fuite de Varenne turco-libanaise, il devient dès lors très difficile de le soutenir.

Arrogance

Deux heures de justifications essoufflées brouillonnes. Une posture arrogante, une maîtrise de soi faible, un système de contrôle et de manipulation des journalistes cousu de fil blanc. Deux heures de stress et de foutoir. BFM qui ne parvient pas à suivre, la farandole du passage de l’arabe, au français, à l’anglais et enfin au portugais. Cette même sensation d’excès, de souffle court, de surréaction. Dans un show triste, Carlos se déchaine et se perd dans un sketch surjoué, une sorte de logorrhée affective. On veut savoir comment il s’est échappé, mais lui nous répond qu’il va nous dire pourquoi il s’est échappé. Carlos se fout du monde, en fait des tonnes. Le summum est sans doute atteint lors de son affichage électronique de preuves qui inclut en passant une signature de Carlos Tavares.

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