Caricatures: le Québec critique Trudeau après un appel de Macron

S.B.-E.
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Le Premier ministre canadien Justin Trudeau arrive à son bureau à Ottawa, le 30 juillet 2020 (Photo d'illustration) - Dave Chan © 2019 AFP
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau arrive à son bureau à Ottawa, le 30 juillet 2020 (Photo d'illustration) - Dave Chan © 2019 AFP

Le Premier ministre du Québec a relancé ce mardi une polémique avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau sur les limites ou non de la liberté d'expression, en indiquant avoir reçu un appel d'Emmanuel Macron le remerciant de sa "position claire" sur cette question. Il avait apporté la veille son soutien au président français, qui a fermement défendu le droit à la caricature.

"Moi je l'ai dit clairement hier, je ne suis pas d'accord avec les réserves de Justin Trudeau quand il s'agit de condamner sans aucune espèce de réserve ce qui s'est passé en France", a déclaré François Legault en conférence de presse.

"Merci de votre solidarité. Nous ne céderons rien sur nos libertés. Il en va de l'avenir de nos démocraties", a écrit plus tard Emmanuel Macron sur Twitter, pour commenter un tweet de François Legault évoquant leur conversation téléphonique.

Débat sur les limites de la liberté d'expression

Prenant ses distances avec la position d'Emmanuel Macron, Justin Trudeau a plaidé la semaine dernière pour un usage prudent de la liberté d'expression, soulignant qu'elle n'était "pas sans limites" et ne devait pas "blesser de façon arbitraire et inutile" certaines communautés.

Ces déclarations du Premier ministre, après la décapitation le 16 octobre par un islamiste d'un enseignant français, Samuel Paty, qui avait montré à ses élèves des caricatures du prophète de l'islam, ont suscité des critiques de la part de plusieurs formations politiques au Canada.

"C'est certain qu'il y a quelques dirigeants politiques qui craignent le terrorisme et qui, devant le chantage de certains groupes religieux radicaux, sont prêts à faire des concessions qui ne sont pas raisonnables", a tancé François Legault.

"La nation québécoise a des valeurs", a-t-il ajouté, évoquant la "liberté d'expression", la "laïcité" et la "langue française". "Ce n'est pas vrai qu'au nom du multiculturalisme, on va mettre ça de côté et qu'on va faire des compromis exagérés", a-t-il estimé.

Interrogé auparavant, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a rappelé pour sa part qu'il avait exprimé ses condoléances et son soutien au peuple français et qu'il s'attendait à parler sous peu au président Macron. "Nous allons toujours défendre la liberté d'expression", a affirmé le chef du gouvernement canadien en soulignant que le Canada et la France étaient "de grands alliés".

Article original publié sur BFMTV.com