Carburants : à quels prix s’attendre avec la fin de la ristourne à la pompe ?

Alors que la remise de l’État sur le litre de carburant va passer de 30 à 10 centimes mercredi, les prix de l’essence et du gazole risquent de dépasser une nouvelle fois la barre symbolique des deux euros.

ÉCONOMIE - C’est le moment ou jamais d’aller faire le plein. Du moins pour profiter une dernière fois de la ristourne de 30 centimes par litre proposée par l’État sur le litre de carburant… À partir de mercredi 16 novembre, la remise sur l’essence et le gazole, mise en place au 1er septembre et prolongée au mois d’octobre par le gouvernement, va en effet amorcer sa disparition.

De 30 centimes, elle passera à 10 centimes, avant de s’estomper complètement au 1er janvier 2023. Dans le même temps, les réductions misent en place par les stations essence du groupe TotalEnergies passeront quant à elles de 20 à 10 centimes par litre. Les prix augmenteront donc mécaniquement de 20 centimes au minimum sur l’ensemble des stations du pays et de 30 centimes dans celles du groupe pétro-gazier.

Selon les relevés du ministère de la Transition Écologique actualisés chaque semaine, le gazole s’affiche en moyenne à un prix national de 1,802 euro le litre, soit une baisse de 2,99 centimes. L’essence sans plomb 95, en légère hausse, est vendue en moyenne à 1,6855 euro le litre ; et le sans-plomb 95-E10 à 1,6174 euro, en légère baisse. Le super sans-plomb 98 est quant à lui à 1,7152 euro le litre ce lundi, également en légère baisse par rapport à la semaine dernière.

Une fois les remises à la pompe supprimées, le litre d’essence et de gazole avoisinera donc la barre symbolique des deux euros à partir de mercredi, voire la dépassera, selon les stations.

Ruée sur l’essence

De fait, une ruée a été observée ce week-end du 11 novembre dans les stations essence de l’Hexagone, où de longues files d’attente ont mis les nerfs des automobilistes à rude épreuve. Une situation encore aggravée par les stigmates de la pénurie qui s’était abattue sur les Français après la mise en grève de plusieurs dépôts de carburants à travers le pays. À l’échelle nationale, ce sont près de 21 % des stations-service qui étaient à sec pour au moins un type de carburant, essence ou gazole, a décompté l’AFP.

Contacté par Le HuffPost, TotalEnergies confirme « un pic d’affluence » ces derniers jours et anticipe quelques difficultés d’approvisionnement sur le réseau francilien d’ici mercredi prochain. « En septembre, la mise en place de la remise à la pompe avait entraîné une augmentation de la fréquentation de nos stations de près de 80 % », rappelle le groupe. Il promet toutefois un retour à la normale « d’ici quelques jours », selon le comportement des consommateurs.

À partir de janvier, un dispositif destiné aux gros rouleurs

Si le dispositif a permis tant bien que mal aux automobilistes de joindre les deux bouts ces derniers mois, il a toujours eu « vocation à disparaître », notamment à cause de son coût pour les finances publiques. « C’est un dispositif qui n’est pas ciblé » et qui n’empêche donc pas « des ressortissants de pays voisins » de venir faire leur plein France, comme le rappelait Gabriel Attal, le ministre du Budget, avant la prolongation de la mesure au mois d’octobre.

Pour éviter que l’argent du contribuable français ne subventionne nos voisins européens, le gouvernement planche actuellement sur une aide ciblée, uniquement destinée aux gros rouleurs. Un nouveau dispositif aux contours encore flous, qui devrait toutefois prendre la forme d’un « remboursement sur les kilomètres » parcourus dès janvier 2023, comme l’avait annoncé le président Emmanuel Macron.

Sans donner de montant, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a annoncé sur BFMTV dimanche que cette nouvelle mesure « plus ciblée » et « plus juste » devrait « concerner entre 11 et 12 millions de personnes à peu près, et sans oublier le conditionnel ». Quant à la fin de la ristourne globale, l’ancien ministre de la Santé se veut rassurant : l’argent économisé par l’État « sera très certainement utilisé pour d’autres aides afin d’amortir le choc de l’inflation pour les Français ».

VIDÉO - Le classement des pays où le carburant est le moins cher au monde

Lire aussi

Pénurie d’essence : dans « L’Événement », Macron envisage un retour à la normale la semaine prochaine

Pénurie de carburants : pourquoi les Hauts-de-France sont particulièrement touchés ?