Le carbone suie génère un risque accru de cancer

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Constituant des particules fines, ce résidu de la combustion incomplète des moteurs des voitures génère un risque accru de cancer du poumon, révèle une étude de l’Inserm. Un argument de plus pour la limitation drastique de la circulation en ville que l'Assemblée nationale examinera cette semaine dans la loi climat et résilience.

MICROMÈTRE. Le carbone suie est un tueur particulièrement redoutable. Issu de la combustion incomplète des moteurs thermiques principalement diesel, sa taille est d’environ un micromètre (celle d’une bactérie) ce qui en fait l’un des composés les plus courants parmi les particules fines d’une dimension inférieure à 2,5 micromètres (PM2,5). , l’Agence nationale de santé et environnement (Anses) recommande ainsi de le prendre en compte en priorité avec le carbone organique dans les politiques publiques sur la qualité de l’air.

L’étude de que vient de publier révèle que plus les niveaux d’exposition au carbone suie au domicile sont élevées, plus le risque de développer un cancer du poumon sont importantes. Les chercheurs jettent ainsi une lueur sur une véritable boîte noire. selon l’Organisation mondiale de la santé. Mais leurs compositions en matière organiques ou inorganiques est d’une immense variété et il n’est pas aisé de déterminer les éléments les plus dangereux. “Nos travaux en épidémiologie montrent pour la première fois que le carbone suie provoque un sur-risque de 20% de développer un cancer du poumon”, détaille Bénédicte Jacquemin (université de Rennes/Inserm/Irset).

Les teneurs en carbone suie au domicile corrélées au risque de cancer

COHORTE. Pour déterminer ce risque, les chercheurs se sont appuyés surpour ”gaz-électricité”. En 1989 en effet, l’Inserm a mis en place un groupe de 20 000 salariés volontaires travaillant dans ce qui était encore EDF-GDF. Ces 20 000 personnes couvrant toute la hiérarchie, du cadre à l’ouvrier, remplissent depuis cette date tous les ans un questionnaire sur leur domicile, leur mode de vie (tabagie, alcool, etc.), leur évolution professionnelle, leur exposition aux polluants sur leur lieu de travail etc. L’évolution de leur santé est par ailleurs connue par la Sécurité sociale. Le mode de vie de ces participants est donc très bien suivi.

Les chercheurs ont eu l’idée de croiser ces données avec les taux de polluants extérieur[...]

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