Capter le CO2 : des aspirateurs pour purifier l'atmosphère

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L'idée de retirer de l'atmosphère du dioxyde de carbone fait son chemin : le suisse Climeworks et le canadien Carbon Engineering ont commencé à installer des usines innovantes. Pour le Giec, cette approche pourrait même permettre à l'humanité de rester en dessous des 1,5 °C d'augmentation de la température mondiale depuis les débuts de l'ère industrielle. Réaliste ?

Cet article est extrait du magazine Science et Avenir - La Recherche n°899, daté janvier 2022.

L'idée peut paraître simpliste : puisque les activités humaines ont conduit à faire exploser les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère, pourquoi ne pas le retirer et enfouir tout ce carbone sous terre ? Si dans les faits l'opération est complexe, universitaires et industriels s'y intéressent néanmoins de plus en plus. Les travaux se multiplient, aiguillonnés par les conclusions des rapports du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec) : oui, la capture directe dans l'air (DAC selon l'acronyme anglais) pourrait aider l'humanité de rester en dessous des 1,5 °C d'augmentation de la température mondiale depuis les débuts de l'ère industrielle.

L'œil sombre et le ton assuré, Christoph Beuttler a arpenté les couloirs de la COP26 à Glasgow (Royaume-Uni) début novembre pour pousser ses pions. Le chef de la politique climat de la société Climeworks est venu vendre la technologie développée en Suisse. Les photos de ses énormes ventilateurs aspirant l'air intriguent. Il y aurait donc une technique pour faire baisser les 415 parties par million (molécules de CO2 dans un mètre cube d'air) qui ont déjà généré une hausse globale de 1,1 °C ? "Les deux fondateurs de la société, Christoph Gebald et Jan Wurzbacher, ont mis au point en 2009 un matériau qui ne capte que le CO2 et qu'ils ont breveté. Leur société est un spin-off, une émanation de l'École polytechnique fédérale de Zurich", raconte Christoph Beuttler.

Le principe : d'énormes ventilateurs aspirent l'air, le font passer à travers ce matériau solide qui capte le CO2, et c'est un souffle appauvri en carbone qui ressort. La nature exacte de ces filtres relève du secret industriel. "On dispose néanmoins de quelques informations, précise Sylvain Delerce, chercheur au CNRS, à Toulouse, et spécialiste de la minéralisation du carbone. Ce matériau est composé de nanofibres de cellulose couplées à des [...]

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