"Une capitulation": le geste du Parti socialiste envers La France Insoumise passe mal à gauche

La délégation socialiste arrive au siège de La France insoumise, à Paris, le 27 avril 2022 - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
La délégation socialiste arrive au siège de La France insoumise, à Paris, le 27 avril 2022 - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

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"Il nous appartient désormais de faire naître une nouvelle espérance." C'est avec ces mots que le Parti socialiste (PS) a annoncé par communiqué ce vendredi matin souscrire aux propositions de La France insoumise (LFI) en vue d'un grand rassemblement de la gauche pour les législatives. Rassemblement qui n'est pas encore acté, les négociations entamées cette semaine ayant été suspendues à la mi-journée ce vendredi.

Reste que dans leur texte de quatre pages, les socialistes, qui ont entamé des discussions mercredi avec LFI, présentent leurs "réponses" aux "douze marqueurs" mis en discussion par la formation de Jean-Luc Mélenchon. L'occasion aussi de faire des propositions supplémentaires "dans la fidélité à nos fondamentaux et à nos priorités, en valorisant les convergences et sans cacher les différences", écrivent-ils.

Entre réjouissances et colères

Mais ces mots ne semblent pas convaincre tout le monde. Bien sûr, du côté des insoumis comme chez certains membres du PS (plus rares), on se réjouit d'un tel scénario. Ainsi Clémentine Autain, députée de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis, se félicite sur Twitter d'une "évolution en phase avec les enjeux historiques":

Invité sur Europe 1 ce vendredi, le député LFI Alexis Corbière s'est lui félicité de ce pas en avant.

"Le PS a répondu aux points qui, pour nous, étaient importants pour engager une discussion politique", a-t-il avancé.

Dans les rangs socialistes, l'eurodéputée Manon Aubry salue avec enthousiasme un "nouveau Parti socialiste post-Hollande".

Mais chez les socialistes, la norme est plutôt à la constestation. Ainsi la sénatrice du Nord Martine Filleul se demande "qui a été consulté sur le texte adressé par le PS à LFI?":

Sa collègue, Marie-Arlette Carlotti, par ailleurs ancienne ministre déléguée aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l'exclusion sous François Hollande, réagit aux vifs propos de l'ancien Premier secrétaire par intérim du parti, Rachid Temal, qui déplore une "reddition en rase campagne" de son parti:

Enfin, parmi les réactions les plus véhémentes, l'élu régional Julien Dray n'hésite pas à évoquer "une capitulation politique en rase campagne qui renie sa propre histoire".

Encore trop tôt pour parler d'un accord

Cela faisait quelques jours qu'il était écrit qu'une alliance avec Jean-Luc Mélenchon aux législatives mettrait le feu aux poudres. A plusieurs reprises le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, avait été mis en garde par certains cadres de son parti.

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Invité de Franceinfo jeudi, François Hollande avait ainsi prévenu qu'un tel rapprochement serait "inacceptable". Voire qu'il causerait la "disparition" du Parti socialiste. De son côté, l'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll s'était aussi montré contre un tel accord dans la matinale d'Europe 1 jeudi.

Pour autant, si l'on peut parler d'une avancée soudaine, il est encore trop tôt pour parler d'un ralliement officiel, et ce malgré les bisbilles à gauche. Rachid Temal rappelle qu'"aucune instance du PS n'a adopté le texte adressé par l'actuelle direction à LFI":

Surtout, tout reste à faire. En effet, quid d'un futur programme en commun ? Quelle répartition des circonscriptions? Autant de questions auxquelles il faudra répondre alors que la fronde s'organise déjà.

Article original publié sur BFMTV.com

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