Ce que le canular sur les «études de doléances» signifie réellement

Ce que le canular sur les «études de doléances» signifie réellement

La farce a bien davantage à voir avec le problème que ses auteurs ont avec les études de genre qu'avec une supposée corruption de l'université.

C'est un canular de grande ampleur, ayant demandé plus d'un an de conception, qui a été révélé la semaine dernière dans le magazine Areo. Titré «Des études de doléances et de la corruption du monde académique», l'article qui le dévoile est signé par la rédactrice en chef d'Areo, Helen Pluckrose, accompagnée de deux autres libre-penseurs, James Lindsay et Peter Boghossian, qui expliquent leur stratagème: ensemble, ils ont rédigé vingt-et-un articles bidons -des papiers «excentriques ou intentionnellement mauvais»- avant de les envoyer, selon eux, aux «meilleures revues des disciplines concernées».

À leur grande consternation et/ou leur plus entier ravissement, pas moins de sept de ces articles ont été acceptés pour publication.

Parmi ces fumisteries, on compte une étude sur l'incidence des agressions sexuelles canines à Portland (publiée dans Gender, Place & Culture), une autre sur la réticence des hommes à s'auto-pénétrer avec des godemichets pendant qu'ils se masturbent (publiée dans Sexuality & Culture) et une ethnographie des hommes fréquentant les «bars à nichons» comme Hooters (publiée dans Sex Roles).

«C'est Sokal au carré», dira sur Twitter mon collègue Yascha Mounk, en référence au célèbre canular du physicien Alan Sokal qui, en 1996, avait réussi à faire publier un article absurde sur l'«herméneutique transformative de la gravitation quantique» dans la revue Social Text. «Aujourd'hui, vous pouvez devenir professeur et enseigner à des étudiants», poursuit Mounk, rien qu'en «produisant de la connerie idéologique à la chaîne». Steven Pinker de Harvard a lui aussi applaudi l'initiative, tout comme Bari Weiss du New York Times.

Vingt-et-un papiers bidons, trois aimants à polémiques

Sauf que si vous prenez réellement le temps de lire le long article de (...) Lire la suite sur Slate.fr