Du cannibalisme musical ou comment DJ Martin Meissonnier revisite les musiques congolaises

Martin Meissonnier à gauche; enregistrement de Bana Luya en 1978 à Kinshasa à droite © P. Levy / Ballu

On oublie souvent les vertus du cannibalisme musical. L’actualité, parfois, nous rappelle son bon sens et sa vitalité. Hérité du Manifeste anthropophage de 1928 - rédigé alors par Oswald de Andrade avec des intellectuels brésiliens pour « manger » la culture colonisatrice - il a fait son chemin plus tard dans les années 60 auprès d’artistes tropicalistes comme Gilberto Gil ou Caetano Veloso, qui ont revendiqué la construction d’une identité brésilienne sur la culture des autres et le métissage. Ingestion, digestion, reconstruction. A l’écoute des sessions réunies sur le double album (également édité en vinyle) Kinshasa 1978 sorti cet hiver, on ne peut s’empêcher de penser à ce processus, à cette manière de construire le nouveau en ingurgitant l’ancien, qui vaut pour bien des pratiques artistiques. Martin Meissonnier l’a faite sienne pour revisiter des titres modernes avant l’heure de la musique congolaise. Reprenons le déroulé du menu.

Entrée. En 1986, le producteur et ingénieur du son Bernard Treton publie chez Ocora (un label de Radio France) des enregistrements de musiques tradi-modernes recueillis en 1978 alors qu’il est coopérant et formateur pour la radio La voix du Zaïre à Kinshasa. Konono N°1, Masanka Sankayi, l’Orchestre Bambala et l’Orchestre Bana Luya font partie de ces groupes enregistrés en live au Nagra. L’album, intitulé

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