A genoux les gars : "Je souhaite m'adresser aux petites cons coupables de ce genre d'horreur" raconte le réalisateur

Mathilde Degorce
Dans "A genoux les gars" Antoine Desrosières parle des abus faits aux (jeunes) femmes. Un sujet lourd qui aurait pu être traité par le drame. Mais le réalisateur lui préfère une comédie trash et cinglante, qui devrait faire grand bruit. Rencontre.

Première édition cannoise depuis l'affaire Weinstein, survenue fin 2017, le 71e Festival a mis les femmes à l'honneur. La montée des marches par 82 femmes, le discours engagé de Cate Blanchett, la charte pour la parité femmes-hommes... 

Du côté des écrans, même constat, les femmes prennent leur revanche, à l'instar de ce A genoux les gars. Dévoilé en mai dernier dans la catégorie Un Certain Regard, le film d'Antoine Desrosières raconte l'histoire de deux soeurs, Rim (Inas Chanti) et Yasmina (Souad Arsane), parties à la découverte de leur sexualité. Jusqu'au jour où elles tombent sur de bien mauvais garçons, prêts à tout - même au pire - pour une fellation. 

Sous couvert d'un humour décapant et d'un franc-parler réjouissant, le réalisateur aborde la question des abus faits aux femmes, "quelque chose d'important à raconter" nous dit-il avant de revenir sur la genèse du film. Avec l'aide de ses actrices, Antoine Desrosières couche sur le papier cette histoire, qui n'est pas sans rappeler son court métrage Haramiste. Après un premier jet, il laisse la plume à ses interprètes, créditées comme co-auteures. Le résultat à l'écran déborde de naturel : A genoux les gars est à la fois percutant et important, une ode à la femme libre.

A voir dès aujourd'hui dans les salles obscures. 

Le teaser du film