Cannes 2017 : Bong Joon Ho, Park Chan Wook, Kim Jee Woon… Les cinéastes sud-coréens à l’étranger

Gauthier Jurgensen

Projeté vendredi 19 mai 2017, Okja raconte l’histoire d’une jeune fille coréenne dont le meilleur ami est un super-cochon nommé Okja, gros comme un éléphant. Il est issu d’une expérience génétique américaine. Quand il est élu plus beau super-cochon du monde, la firme reprend ses droits et le capture pour l’exposer au monde entier avant de le conduire à l’abattoir. Mais Mija ne l’entend pas de cette oreille…

Bong Joon Ho, comme de nombreux cinéastes sud-coréens de sa génération, fait désormais partie des jeunes auteurs les plus sollicités par les grands festivals. Quels sont ceux qui ont été appelés à l’étranger pour dynamiser le cinéma mondial ?

BONG JOON HO

Convié à Un Certain Regard en 2008 pour le film à sketchs Tokyo !, puis en 2009 avec Mother, Bong Joon Ho est pour la première fois en compétition officielle à Cannes en 2017 avec Okja, une production originale Netflix. Si la présence de la plateforme vidéo sur la Croisette a fait polémique, le dernier opus du cinéaste sud-coréen n’en est pas moins le deuxième de sa filmographie à réunir une distribution internationale, preuve de la convoitise dont il est l’objet dans le monde entier.


Le réalisateur, qui s’était fait remarqué avec le thriller Memories of Murder en 2004, puis avec le film de monstre The Host en 2006, a eu l'occasion de réaliser en 2014 un film de science-fiction international, basé sur une bande dessinée française : Snowpiercer, Le Transperceneige. En tête d’affiche : Chris Evans, Jamie Bell, Ed Harris, Octavia Spencer, John Hurt et l’acteur fétiche du metteur en scène, Song Kang Ho.

On y retrouvait déjà Tilda Swinton dans le rôle de la méchante du film, comme dans Okja trois ans plus tard. Elle y donne la réplique à Jake Gyllenhaal, Paul Dano, Steven Yeun, Lily Collins et la toute jeune  Sud-Coréenne Seo Hyun Ahn.

PARK CHAN WOOK

Depuis son Grand Prix à Cannes en 2004 pour le film choc Old Boy, Park Chan Wook compte parmi les plus grands cinéastes sud-coréens. Son nom, synonyme de succès et d’exigence cinématographique, revient régulièrement dans la compétition du Festival de Cannes. Il y retourne en 2009 avec Thirst – Ceci est mon sang  et remporte le prestigieux Prix du Jury. En 2016, il fait malheureusement chou blanc avec Mademoiselle, mais réalise du même coup le plus grand succès sud-coréen en France avec plus de 300 000 entrées.


En 2012, Park Chan Wook voyage un temps aux Etats-Unis où, pour la Twentieth Century Fox, il réalise Stoker, un thriller américain avec Nicole Kidman et Mia Wasikowska.  Parvenant tout juste à remonter son budget d’origine, cette seule excursion de Park Chan Wook au-delà des frontières coréennes se solde par un échec et le réalisateur retourne tourner ses prochains films dans son pays d’origine.

KIM JEE WOON

C’est plutôt à Gérardmer qu’au Festival de Cannes que Kim Jee Woon s’est fait un nom. Grand Prix du Jury en 2003 avec 2 Sœurs, puis Prix du Public, de la Critique et du Jury Jeune en 2011 pour J’ai rencontré le diable, le cinéaste a su convaincre à plusieurs reprises. Il sait aussi mener à bien des projets très ambitieux, comme le western coréen déjanté Le Bon, La Brute et le Cinglé en 2008.


Sans surprise, il s’exporte aux Etats-Unis en 2013 pour tourner un film d’action spectaculaire avec Arnold Schwarzenegger dans le premier rôle : Le Dernier Rempart. Sorte de remake de Rio Barvo, le film raconte l’histoire du sheriff d’un village de la frontière mexicaine prêt à tout pour arrêter un criminel évadé qui tente de fuir les Etats-Unis. Malgré son casting quatre étoiles et le retour de Schwarzy au cinéma d’action, le film ne fait guère mieux que le Stoker de Park Chan Wook et rentre tout juste dans ses frais.

Kim Jee Woon est donc retourné en Corée du sud pour réaliser The Age of Shadows, sorti en 2016 aux Etats-Unis, et qui ne bénéficie toujours pas d’une date de sortie française.

D’AUTRES CANDIDATS ?

Actuellement en salles avec Tunnel, le jeune Kim Seong Hun a déjà été repéré par Netflix pour réaliser une série coréenne médiévale – avec des zombies ! – intitulée Kingdom. Il est forcément surveillé par Hollywood qui pourrait faire appel à ses services en cas de succès.

Na Hong Jin, invité en 2016 hors compétition à Cannes avec The Strangers, a fait forte impression dès son premier film en 2009 : The Chaser. En 2011, il a démontré sa virtuosité et sa maîtrise sur une grosse production telle que The Murderer. On l’imagine, lui aussi, dans le collimateur des grands studios.

La bande annonce d'Okja, le 28 juin 2017 sur Netflix

 

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