Cannabis: la jeunesse tunisienne se mobilise après les lourdes condamnations

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En Tunisie, après la condamnation de trois jeunes à 30 ans de prison ferme pour avoir fumé du cannabis dans un lieu public, la société civile se mobilise notamment sur les réseaux sociaux et demande leur libération ainsi que l'abrogation de la loi 52, considérée comme un héritage du régime de Ben Ali.

Trente ans de prison pour avoir fumé un joint. Cette lourde condamnation de trois jeunes hommes par le tribunal du Kef a exacerbé chez les jeunes Tunisiens le sentiment qu'ils étaient toujours les premières victimes du système politico-judiciaire.

Un hashtag « Non à la prison - changez la loi 52 » est apparu sur les réseaux sociaux pour demander la libération des condamnés ainsi que la suppression de cette loi de répression de la consommation de drogue, accusée de viser particulièrement les jeunes. Ce lundi 1erfévrier, le chef du gouvernement Hichem Mechichi a déclaré que la peine reçue par les trois jeunes hommes était « sévère » et a indiqué que le gouvernement se pencherait sur la révision et l'amendement du texte.

La dernière modification en 2017 avait permis aux juges de retenir des « circonstances atténuantes » pour réduire ou annuler les peines données. Cette disposition n'avait cependant pas permis de diminuer le nombre de condamnations.

En 2019, selon les chiffres rapportés par Avocats sans Frontières, environ 20% des personnes emprisonnées en Tunisie l'étaient à cause de la loi 52. La majorité d'entre elles avait moins de 30 ans.

« Les lois tunisiennes n’ont pas été réformées »

Jointe par RFI, Raja Ben Salma, enseignante à l'université de Tunis et spécialiste de la civilisation arabe, revient sur les fortes protestations de la jeunesse tunisienne vis à vis de la loi 52 mais aussi contre les autorités et la répression. Pour elle, la condamnation à 30 ans de prison ferme de ces trois jeunes hommes a provoqué une indignation généralisée.