La canicule ne va rien arranger au problème des méduses en Méditerranée

Cette espèce de méduse nommée Pelagia noctiluca envahit la Côte d'Azur (Photo: Pascal Pochard-Casabianca via AFP)
Cette espèce de méduse nommée Pelagia noctiluca envahit la Côte d'Azur (Photo: Pascal Pochard-Casabianca via AFP)

Cette espèce de méduse nommée Pelagia noctiluca envahit la Côte d'Azur (Photo: Pascal Pochard-Casabianca via AFP)

ANIMAUX - Depuis la mi-juin, sur de nombreuses plages méditerranéennes, les Pelagia noctiluca, petites méduses violettes, sont ballottées par dizaines au devant des plages. Cette invasion risque de s’intensifier chaque été et pour plusieurs raisons.

L’épisode caniculaire du mois de juin doublé de celui du mois de juillet ne va faire qu’augmenter les températures de l’eau ces prochaines semaines, pour le plus grand bonheur des méduses. Un seul moyen pour qu’elles quittent la côte: un vent suffisamment puissant afin qu’elles dérivent. Mais ce n’est pas ce qui est prévu ces prochains jours.

Face à une recrudescence du nombre de piqures, une équipe d’ingénieurs de l’ACRI-ST de Nice a recensé toutes les plages où des méduses ont été observées lors des dernières 48h. Une carte qui pourrait être utile pour les vacanciers qui projettent des vacances en bord de Méditerranée.

Les méduses, nouvelle illustration du problème des océans

Les fortes chaleurs ont adouci le bassin méditerranéen. Or plus l’eau est chaude plus les méduses se reproduisent. Et cela ne date pas de cette vague de chaleur. “Ces épisodes de prolifération ne sont pas inédits, et ont même été décrits dans l’Antiquité”, rappelle au HuffPost Mélanie Ourgaud, océanographe, biologiste marin et chercheuse au CNRS.

Mais le réchauffement climatique n’est pas la seule cause de cette prolifération. “Pour les méduses de type Pelagia noctiluca, les courants marins jouent un rôle majeur”, ajoute la scientifique. Elles appartiennent à la famille du plancton, elles ne savent donc pas nager, et comme tous les membres de cette famille, elles sont portées par les courants marins.

Elle évoque aussi une autre cause, humaine, là-encore: la surpêche. “Les stocks de top-prédateurs (tortues, thons...) sont insuffisants pour manger les méduses, de même que les stocks de zooplanctonophages (sardines, anchois, autres petits poissons bleus) qui consomment du zooplancton (même ressource alimentaire que les méduses) sont diminués. La raréfaction des poissons est un facteur favorable au développement de méduses” déplore Mélanie Ourgaud.

En clair, cette multiplication des méduses confirme l’état de santé de nos océans et montre les menaces qui pèsent sur le milieu marin. Mélanie Ourgaud ajoute que “chaque organisme joue un rôle fonctionnel crucial dans le maintien de l’équilibre de ces réseaux. Lorsqu’il est rompu, c’est au risque de voir proliférer des espèces que nous apprécions moins ou pas”.

À voir aussi sur Le HuffPost: Des milliers de méduses envahissent les plages de Crimée et font fuir les touristes

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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