Cancer du sein de l'enfant : le calvaire de Shiloh, 13 ans

Claire Delfino / Paris Match

À 13 ans, la fille de Diane et Modibo Diakité a succombé à un cancer du sein mais, surtout, à l’incurie d’une succession de médecins. Les parents de l’adolescente nous ont raconté leur chemin de croix

Paris Match. Comment vous sentez-vous ?
Diane Diakité. Le soir, je me couche, je descends aux enfers. J’aurais une corde, je ne serais pas là à vous parler. Si je trouve la force de me lever, c’est pour entretenir la tombe de ma fille.

Quelle petite fille était Shiloh ?
D.D. Tranquille. Je rêvais d’avoir une fille. Le nom de Shiloh vient de l’Ancien Testament et signifie “cadeau de Dieu”. Mais j’ai perdu la foi. Après la messe d’enterrement, nous l’avons mise en terre, son père et moi, seuls, dans la plus stricte intimité. C’est moi qui étais chargée de la toilette mortuaire, je voulais que personne ne la touche. Nous n’étions pas préparés à son décès, elle n’était pas en soins palliatifs. On nous avait annoncé une “espérance de vie de cinq ans”. Six mois après, on ne sait toujours pas de quoi notre fille est morte. Comme elle a été mutilée, qu’elle a souffert le martyre, je me sens incapable de la faire déterrer pour une autopsie.

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Avant qu’elle ne tombe malade, comment était sa vie ?
D.D. Elle a toujours été fatiguée, elle a redoublé. Depuis mars 2019, elle était scolarisée à domicile. Divorcée, j’avais décidé d’être mère au foyer pour me consacrer à ma fille. Fin 2020, elle a commencé à enfler. Elle avait du mal à bouger, ses selles étaient anormales. Le médecin a prescrit des suppositoires. Début mars 2021, alors qu’elle prenait sa douche, j’ai vu une rougeur et des stries sur son sein gauche. Puis elle a fait une éruption de boutons. Notre généraliste a prescrit une échographie. En attendant, j’ai passé des jours et des nuits sur Internet. Pour moi, c’était un cancer, mais la radiologue a affirmé : “Madame, le cancer du sein (...)


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