Cancer du sein: difficile d’évaluer les risques de rechute

Chayet, Delphine
La signature génomique devrait à l’avenir être réservée aux patientes à risque intermédiaire de récidive. / AMELIE-BENOIST / BSIP/RFBSIP - stock.adobe.com

Les tests génomiques qui déterminent le besoin d’une chimiothérapie doivent faire leurs preuves selon la Haute Autorité de santé.

Réduire le risque de récidive une fois la tumeur éliminée: tel est l’objectif des chimiothérapies dites «adjuvantes» données à certaines femmes traitées pour un cancer du sein. Mais ces médicaments qui provoquent des effets indésirables parfois lourds (nausées, vomissements, pertes de cheveux, fatigue aiguë, troubles cognitifs) ne sont pas utiles à toutes les patientes. Toute la difficulté est d’identifier celles qui vont en bénéficier car elles présentent un risque de rechute susceptible de leur être fatal, tout en épargnant aux autres un traitement superflu et nuisible.

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Les cancérologues français disposent pour cela depuis 2016, en plus des examens cliniques et biologiques classiques, d’analyses génomiques qui déterminent à partir d’un échantillon de tumeur le niveau de risque de récidive. Ces tests prédictifs ne devraient toutefois pas être pris en charge par l’Assurance-maladie. Dans un avis publié lundi 11 février, la Haute Autorité de santé juge leur remboursement «prématuré». «Aucune des études scientifiques que nous avons examinées ne permet de valider à ce stade leur utilité clinique, précise le Dr Cédric Carbonneil, chef du service ayant réalisé cette évaluation. De plus, plusieurs de ces recherches ont été menées aux États-Unis, où les chimiothérapies sont beaucoup plus fréquentes, ce qui rend leurs résultats non transposables.»

La HAS reconnaît certes «l’intérêt potentiel» de ces signatures génomiques comme outil d’aide à la décision thérapeutique, mais juge «indispensable de poursuivre la recherche clinique». «Nous recommandons la réalisation d’une étude prospective comparative fondée sur un recueil exhaustif des données», précise le Dr Carbonneil.

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Selon l’avis publié lundi, la (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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