« Le Canard enchaîné » dément avoir eu recours à un emploi fictif

L’hebdomadaire est accusé par l’un de ses journalistes d’avoir rémunéré pendant deux décennies la compagne d’un ancien dessinateur.

MÉDIAS - Cible d’une enquête judiciaire, Le Canard enchaîné dément avoir eu recours à un emploi fictif, défendant un montage qui, bien qu’« acrobatique », n’a « lésé » personne selon lui, dans son édition à paraître ce mercredi 31 août.

L’hebdomadaire satirique est accusé par l’un de ses journalistes d’avoir rémunéré pendant deux décennies la compagne d’un ancien dessinateur et administrateur du journal, sans qu’elle n’y ait jamais travaillé.

Le couple - André Escaro, aujourd’hui 94 ans, et sa femme Édith, journaliste - avait « l’habitude de travailler en binôme », explique le comité d’administration du journal, composé notamment du directeur de la publication, Nicolas Brimo.

Selon ce comité, les faits remontent à 1996, année où André Escaro, « pilier » du journal et auteur de « cabochons » (petits dessins), décide de prendre sa retraite, au grand dam de la direction du palmipède, qui entend le retenir.

Mais « le cumul-emploi retraite n’est pas autorisé », lui rappelle alors André Escaro, « surtout » soucieux de « s’éloigner des turbulences politiques pour mieux se consacrer à ses passions », explique le comité.

« Il cédera finalement à condition que sa compagne, Édith (ancienne rédactrice en chef de la revue ’Le collectionneur français’ , dirigée par son époux) l’épaule », en lisant notamment « la presse pour lui ».

« Plus de 8 000 » dessins

« C’est ainsi qu’Édith a été embauchée, en renfort d’André, lequel n’a évidemment plus touché un sou », pour produire « plus de 8 000 » dessins qui n’ont « rien de fictif » pendant 26 ans, jusqu’à leur mise en retrait en juin, selon l’article.

L’enquête déterminera si « ce montage, qui peut, certes, paraître un peu acrobatique n’est pas exempt de reproches sur le plan administratif », estime le journal, visé par une enquête préliminaire pour abus de bien sociaux et recel d’abus de bien sociaux.

« Mais où est la victime ? (...) Qui a été lésé ? » Ni l’État, ni l’Urssaf, ni les Impôts, répond Le Canard. Indépendant financièrement, l’hebdomadaire assure ne pas avoir « l’habitude de jeter l’argent par les fenêtres ».

Et « il ne s’agit pas d’argent public comme dans l’affaire Fillon », ajoute-t-il après avoir été « sévèrement canardé sur le thème facile de l’arroseur arrosé ».

De fait, l’enquête découle d’une plainte contre X du journaliste et délégué syndical SNJ-CGT, Christophe Nobili, l’un des trois enquêteurs du Canard enchaîné à l’origine des révélations, en 2017, sur les soupçons d’emploi fictif visant François Fillon et sa femme Penelope.

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VIDÉO - Une enquête ouverte pour soupçon d'emploi fictif au "Canard enchaîné"

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