Le Canada demande l’extradition d’un prêtre français accusé d’agressions sexuelles sur mineurs

Photo Anne-Sophie Thill / AFP

Le pape François achève ce 29 juillet son déplacement au Canada, où il voyage de communauté en communauté afin de demander pardon pour les exactions qu’y a commises son Église, notamment sur les enfants autochtones dont elle avait la charge. Il était attendu vendredi à Iqaluit, dans le territoire du Nunavut – où a officié Joannès Rivoire dans les années 1960 et 1970. “Il est ensuite retourné en France en 1993, année où quatre plaignants ont allégué que le prêtre les avait sexuellement agressés alors qu’ils étaient enfants entre 1968 et 1970”, indique Radio-Canada.

Dans une interview accordée à Lyon au média autochtone canadien APTN News, Joannès Rivoire réfute ces accusations : “Je n’ai jamais rien fait de ce qu’ils disent. Que puis-je dire de plus ?”

Demande d’extradition canadienne

Ottawa a confirmé le 27 juillet au quotidien québécois La Presse qu’une demande d’extradition a été adressée à la France. “Il est important pour le Canada et ses partenaires internationaux que les crimes graves fassent l’objet d’enquêtes et de poursuites exhaustives”, a fait savoir le ministre de la Justice, David Lametti.

Radio-Canada rappelle qu’un député canadien d’origine autochtone, Charlie Angus, avait écrit en 2019 une lettre au ministre Lametti, évoquant “le manque de clarté sur la question de savoir si, étant donné la politique de la France de ne pas extrader ses citoyens, des dispositions alternatives pourraient être prises pour juger Rivoire en France”.

“La visite du pape n’a aucun sens”

La porte-parole de la visite papale au Canada, Erika Jacinto, indique à Radio-Canada que “bien que l’Église ne puisse obliger Rivoire à faire face à la justice, on croit savoir que les dirigeants oblats [les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, la congrégation à laquelle appartient Joannès Rivoire] ont pris des mesures pour l’inciter à le faire”.

Elle ajoute que les évêques canadiens sont “en faveur d’une enquête complète et approfondie afin que les survivants et la communauté en général puissent obtenir des réponses et la justice”. La Presse rappelle que le prêtre Rivoire est assigné à résidence par sa congrégation depuis 2013, après la tenue d’une enquête canonique sur son cas. “Il n’a toutefois jamais été jugé pour les accusations qui pèsent sur lui au Canada”.

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