Canada: au Québec, ces révélations sur des enfants de 11 ans victimes d'un accident du travail

Au Québec, beaucoup d'enfants partagent leur journée entre les amis, les professeurs… et leur patron. Nombre d'adolescents ont un emploi et n'échappent pas aux accidents de travail. Dans la province, certaines voix s'élèvent pour demander un cadre législatif plus strict.

De notre correspondant à Québec

Dans la province canadienne du Québec, les enfants ont des emplois : un ado (âgé entre 12 et 14 ans) sur deux travaille, d'après des données qui datent de 2014. Et donc, forcément, ils se blessent au travail. Près de 150 mineurs de moins de 16 ans ont été victimes d'accidents de travail en 2020.

Certains avaient à peine 11 ans, c'est ce que nous apprend un article du quotidien d'information montréalais La Presse. L'âge surprend, le nombre de blessures aussi, mais il faut savoir que le Québec est la seule des provinces du Canada qui n'impose pas d'âge minimum pour travailler. En fait, la seule chose que le Québec demande pour les moins de 14 ans qui sont employés, c'est une autorisation écrite des parents. Donc, ici, vous voyez régulièrement des caissiers adolescents, des très jeunes qui emballent vos sacs dans les supermarchés.

Suzanne Arpin, la vice-présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse au Québec, était abasourdie d'apprendre l'âge des jeunes employés blessés :

« Ça m'a pris quelques instants avant de réagir parce que mon cerveau avait de la difficulté à enregistrer les informations. J'ai des petits-fils de cet âge-là, alors je les voyais dans ma tête et en même temps, je me disais : 'ils pourraient vraiment être sur un lieu de travail sur lequel ils seraient blessés'. J'étais très choquée d'apprendre ça. Il y a aussi toute une question de maturité physique et intellectuelle à assumer ces tâches-là, et on ne peut pas mettre de pression indue sur ces enfants-là. »

Certains ados ont déjà des postes à responsabilité

C'est ce qu'explique l'auteur de l'article. Il parle d'un jeune de 15 ans qui est responsable de toute la production du rayon boulangerie d'un supermarché, qui passe 25 heures par semaine à l'école et 24 heures au travail. Et s'il n'y a pas de changement législatif, ça risque de s'accentuer, parce qu'il y a une grosse pénurie de main-d'œuvre dans plusieurs secteurs en ce moment, notamment dans la restauration rapide. Et visiblement, les chaînes tentent de recruter de plus en plus tôt. L'article de La Presse parle notamment d'un restaurant McDonald's sur lequel on peut lire qu'encourager les enfants à travailler là-bas « aidera votre enfant à être embauché dans sa future carrière ».

Des changements législatifs en vue ?

Rien de brûlant sur le dossier. Mais la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse au Québec, qui est une voix qui porte ici, estime qu'il est temps que la loi soit revue. Suzanne Arpin a déclaré : « Depuis 1999, il y a certains projets de lois sur lesquels on a commenté, en disant il faudrait mettre un âge, un seuil à l'âge des enfants, de ne pas travailler à moins de 16 ans, sauf exception, pour prioriser l'école et maintenir les enfants à l'école. Et comme la fréquentation scolaire est obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans, on ne souhaite pas que nos jeunes qui commencent à travailler à 14 ans quittent l'école. »

Mais dans d'autres provinces, l'âge a évolué récemment. C'est le cas de la Colombie-Britannique, où l'âge minimal pour travailler est passé à 16 ans en 2021, avec quand même des exceptions dans les entreprises familiales, au sein desquelles les enfants peuvent travailler dès 12 ans.

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