CAN 2021: les sélections africaines se résignent à faire sans leurs joueurs de L1 et de L2

·3 min de lecture

Face à la volonté des clubs de L1 et L2 françaises de ne pas libérer les internationaux pour les éliminatoires de la CAN 2021, la plupart des sélections ont décidé de se plier à cette décision. Seul le Sénégal a tenté une action officiellement, au moment où la CAF demeure absente sur la question.

Le Sénégal a pris le parti de la « contestation ». Le Fédération sénégalaise de football a en effet demandé à son homologue française d'intervenir pour que ses joueurs puissent participer aux prochains matches éliminatoires de la CAN, qualifiant de « discriminatoire » la décision des clubs français de ne pas libérer leurs internationaux amenés à évoluer hors de l'Union européenne. La tentative est certainement vouée à l’échec, mais c’est la seule officielle depuis le mercredi 17 mars et le communiqué de la Ligue de football professionnel (LFP) actant la décision des clubs français.

« Passer à autre chose »

Comme la plupart des sélections africaines, le Sénégal devra finir par s’y résoudre et activer un plan B, sinon C, pour faire face au Congo (26 mars) et à l’Eswatini (30 mars). Des pays comme le Ghana, n’ont même pas essayé d’aller à l’encontre de la décision des clubs français encouragés par la FIFA qui a assoupli les règles de convocation des joueurs. Le sélectionneur des Black Stars Charles Akonnor a donc fait une liste sans ses stars les frères Ayew, André (Swansea) et Jordan (Crystal Palace) mais aussi sans un de ses cadres jouant en Ligue 1, John Boye (Metz).

Et pendant que le sélectionneur tunisien Mondher Kebaier fait comme si de rien n’était en convoquant ses « Français » Dylan Bronn (Metz), Ali Abdi (Paris FC), Seifeddine Khaoui (Marseille) et Wahbi Khazri (Saint-Etienne), celui du Niger, Jean Michel Cavalli, a avalé la pilule tant bien que mal. « On l’a avalée, on l’a acceptée. Il va falloir faire avec, et passer à autre chose », estime le technicien français.

Où est la CAF ?

Le sélectionneur comorien Amir Abdou, lui aussi s’est résigné face à cette situation : « Tant pis, on a l’habitude de bricoler chez nous », lâche-t-il sur RFI. Mais, le guide des Cœlacanthes s’interroge sur le mutisme de la Confédération africaine de football. « La Caf ne s’est pas manifestée, pas un mot. Il n’y a rien venant de la CAF. Il n’y a pas eu une réaction de leur part, je trouve cela anormal. »

Pour Corentin Martins « la CAF aurait pu déplacer les matches au mois de juin », histoire d’éviter en mars « un grand déséquilibre entre différentes nations ».

A l’heure qu’il est, il y a peu de chances que les joueurs africains de Ligue 1 et Ligue 2 puissent rejoindre donc leurs sélections pour les dernières journées même si « aucune loi ne l’interdit », rappelle l’entraîneur de la Côte d’Ivoire, Patrick Beaumelle. « Il n’y a aucune loi qui interdit à un joueur international de venir jouer pour son pays. Le club ne peut pas non plus le forcer à rester, mais le joueur est sous contrat et payé par le club, donc il doit se soumettre à la volonté du club. C’est un vrai casse-tête. » Tout est dit…