Un campement de mineurs isolés étrangers installé à Paris pour alerter les autorités

Ils réclament un logement et le respect de leurs droits fondamentaux. Environ 70 mineurs isolés étrangers se sont installés, lundi 29 juin, sous des tentes en plein centre de Paris, près de la place de la République. Reportage.

Ce Béninois de 17 ans est arrivé il y a un peu moins d’un an en France. À part pendant le confinement, il n’a connu que la rue.

Après une courte évaluation, sa minorité n’a pas été reconnue par le Conseil départemental. Il a fait un recours devant le juge des enfants, avec l’espoir de rester en France : « Mon métier, c'est d'être boulanger, patissier. Mais j'ai envie d'étudier aussi pour être professionnel. Mais avec tout ça, je ne peux pas réaliser mon rêve. Du coup, on n'a pas de solution. On continue à vivre ici, jusqu'à ce que les autorités françaises se réveillent. »

À Paris, chaque semaine, une dizaine de nouveaux mineurs non accompagnés se retrouvent à la rue, selon les associations. Alors celles-ci demandent du concret aux autorités. Sinon, le campement ne sera pas levé. « Il va rester tant qu'il n'y aura pas une proposition adaptée. Ce qu'on essaie de faire comprendre, c'est qu'une simple solution temporaire au gymnase ne suffira pas cette fois. Cela demande un travail beaucoup plus profond et beaucoup plus lourd de reconnaissance du statut, de reconnaissance de la vulnérabilité et aussi de reconnaissance de l'évaluation telle qu'elle est faite aujourd'hui », explique Julie Laveissière, coordinatrice d’Utopia 56.

Vulnérables, ces jeunes le sont au quotidien. D’autant qu’environ la moitié ont contracté le Covid-19 ces derniers mois.