La campagne turque tend l’Europe sur son sol Les Pays-Bas ont subi à leur tour les foudres d’Ankara ce week-end après l’annulation de meetings visant à convaincre les Turcs de l’étranger de voter pour le renforcement des pouvoirs de leur président.

Libération.fr

Face à quelques fêtards du samedi un peu perdus sur le pavé mouillé de l’Istiklal, la principale artère piétonne d’Istanbul, se dresse une petite foule compacte, drapeaux turcs à la main. De la masse jaillissent à intervalle régulier des slogans à la gloire de «Dieu» et du Président, Recep Tayyip Erdogan. Malgré l’heure tardive et la pluie, les quelques centaines de manifestants font le pied de grue devant les lourdes grilles du consulat des Pays-Bas. «On est venu pour soutenir nos ministres, notre président, contre ceux qui veulent nuire à notre pays. Et je veux dire ce soir aux Pays-Bas qu’ils n’ont pas à se mêler de nos affaires !» dénonce Sule, jeune Stambouliote, pointant le bâtiment calfeutré - à l’instar de l’ambassade, à Ankara - derrière un lourd dispositif policier. «Raisons de sécurité», justifient les autorités turques.

Depuis samedi matin, le torchon brûle entre la Turquie et les Pays-Bas après que ces derniers ont interdit à l’avion du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, de se poser sur le tarmac de Rotterdam. Le gouvernement de Mark Rutte a estimé que sa venue constituait une menace à l’ordre public. Cavusoglu avait tenu à prendre part à un meeting politique à La Haye, annulé la veille, dans le cadre de la campagne pour le référendum du 16 avril. Face à des sondages capricieux et une issue électorale incertaine, l’exécutif n’entendait pas faire l’impasse sur les Turcs de l’étranger, potentiel vivier de plus de 2 millions de bulletins. Plusieurs ministres ont donc été missionnés pour promouvoir le «oui», synonyme du passage de la Turquie vers un régime présidentiel et de renforcement sensible des pouvoirs du chef de l’Etat. «Il est normal que les résidents turcs des Pays-Bas [environ 400 000 personnes, ndlr] aient le droit d’être informés sur le référendum. C’est juste une question de liberté», estime Sule, fidèle électrice d’Erdogan.

«Nazis». Mais cette campagne à l’étranger, menée par les membres d’un gouvernement critiqué pour (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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