Dans le camp du oui, l’ombre d’un doute

Libération.fr

Certains électeurs de l’AKP ne sont pas convaincus du bien-fondé d’une réforme propice aux dérives.

«Pour une nouvelle Turquie», «une nation unie», «un Etat fort» : leurs mots ne sont pas choisis au hasard. Identiques à ceux placardés en lettres capitales sur les gigantesques affiches de campagne qui inondent les rues et façades d’Istanbul. Semblables à ceux clamés à chaque meeting par leur président, Recep Tayyip Erdogan. Ses partisans en sont convaincus : le projet de réforme constitutionnelle, porté par l’exécutif et les élus islamo-conservateurs du Parti de la justice et du développement (AKP), est la réponse aux maux de leur pays.

«Stabilité». «L’ancien système parlementaire ne parvenait plus à résoudre nos problèmes. Avec la victoire au référendum, on aura plus de stabilité, d’emplois, d’investissements dans l’éducation et les nouvelles technologies», promet Ayse, étudiante en histoire, sous le regard émerveillé de son petit ami, lui aussi venu écouter le discours de fin de campagne d’Erdogan à Istanbul. Fini, selon eux, le spectre de l’instabilité des gouvernements de coalition qu’ont connus leurs parents dans les années 90. «Il n’y aura plus qu’une personne au sommet de l’Etat, tout passera par lui, c’est cela que nous voulons», résume leur amie Zeynep. Et de poursuivre : «Voilà près de vingt ans qu’Erdogan est en politique, et regardez combien il a développé Istanbul et le reste du pays. Les gens sont heureux avec lui et veulent que cela dure encore longtemps.»

A longueur de discours, le chef de l’Etat et ses ministres promettent la reprise économique face à une crise qui guette, ou encore la fin du terrorisme après l’année sanglante que vient de traverser le pays. «Ce sont des promesses de campagne en adéquation avec les aspirations des partisans du pouvoir et qui ont justement été faites dans le but de gagner leurs voix le 16 avril, explique Ilter Turan, professeur de sciences politiques à l’université Bilgi d’Istanbul. Il y a un risque que beaucoup ne (...)

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