Cameroun: le Premier ministre poursuit sa visite à Bamenda malgré une arrivée mouvementée

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Le chef du gouvernement camerounais Joseph Dion Ngute poursuit sa visite dans la région du Nord-Ouest. Il doit rester jusqu'au vendredi 8 octobre à Bamenda, où son arrivée hier a été marquée par un moment de panique.

D'après le maire de Bamenda, le Premier ministre se trouvait à Matazem, au sud de la ville, quand des tirs d'armes à feu ont retenti, semblant venir des collines alentours. Aucun blessé signalé à la connaissance du maire, mais quelques frayeurs pour les personnes présentes. Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Joseph Dion Ngute est exfiltré vers un véhicule, escorté de très près par des militaires en alerte.

Un « moment de panique lié au climat de tension qui règne dans la région », résumait ce mercredi son directeur de cabinet, Confiance Balungueli. Le Nord-Ouest est en effet une des deux régions à majorité anglophone du pays où le conflit entre séparatistes et forces gouvernementales dure depuis bientôt cinq ans.

Confiance Balungueli déclare par ailleurs que l'accueil réservé au chef du gouvernement par la population démontre que les habitants veulent en finir avec la peur. La municipalité de Bamenda a notamment mobilisé des groupes de danse pour qu'il y ait du monde dehors, alors qu'une partie de la ville est toujours sous le coup d'un confinement décrété par des séparatistes.

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« Les gens souffrent, meurent »

Le Premier ministre maintient son programme. Ce mercredi et ce jeudi, il doit rencontrer de nombreuses délégations des différents départements du Nord-Ouest : représentants municipaux, chefs traditionnels, religieux, acteurs économiques, organisations de femmes, de jeunes, partis politiques. Objectif : faire le suivi de l'application des recommandations du grand dialogue national d'il y a deux ans.

Le maire de Bamenda, Cletus Fonguh, fera partie de ceux qui doivent être reçus jeudi par le Premier ministre. Il prévoit de lui dire « la vérité sur une situation qui n'a fait qu'empirer en deux ans. Les gens souffrent, meurent, il n'y a plus d'activité économique à Bamenda. » Le parti d'opposition anglophone SDF dont il fait partie prône comme solution pacifique à cette crise un retour au fédéralisme.

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