Comme Camélia Jordana, "pas en sécurité" face à la police? On a posé la question en banlieue

QUARTIERS POPULAIRES - “C’est un fait”. Samedi 23 mai, sur le plateau d’“On n’est pas couché”, la chanteuse Camélia Jordana dénonçait sans équivoque des relations difficiles entre les habitants des quartiers populaires et la police, soulevant l’ire du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et d’une partie de la classe politique.

“Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j’en fais partie”, a déclaré Camélia Jordana face à l’écrivain Philippe Besson, ajoutant que “des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau”.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, nous avons fait réagir des habitants de La Courneuve et de Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Même si la quasi-totalité des dizaines de personnes que nous avons rencontrées n’avait pas entendu parler de cette polémique, certains ont accepté de partager face à la caméra du HuffPost leur ressenti face aux policiers. 

On ne peut pas dire que l'on aime pas la police. Mais je déplore parfois la manière dont les choses se passent. Marc, habitant de Clichy-sous-Bois

Contrôles injustifiés, impunité des violences policières... Le ressentiment est réel, particulièrement chez les jeunes. “On se sent mal à l’aise (en croisant un policier)”, avoue Dounia et Kona, deux jeunes habitantes de La Courneuve marquées par “les vidéos d’agressions sur Twitter” et les contrôles inopinés de leurs amis dans la rue.

Hors ou face caméra, les témoignages récoltés, dans leur vaste majorité, ne mettent pas toutes les forces de l’ordre dans le même panier, sans nier les dérives. À l’image de Cherland, une autre jeune femme de Seine-Saint-Denis, pour qui la “maîtrise doit être des deux côtés”, alors que certains “jeunes déversent leur souffrance” face à “des policiers surmenés et pas respectés”. “Dans tous les métiers, il y a des bons et des mauvais”, ajoute Lassana, père de famille et habitant de Clichy-sous-Bois.

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