Camargue : vivre avec les taureaux dans les manades

Dans les vastes marécages de Camargue, le taureau est un animal presque sacré. Les bêtes vivent en semi-liberté, élevées par des générations de passionnés. C’est le cas de la famille Laurent, installée à Salin-de-Giraud (Bouches-du-Rhône). Dans un calme absolu, Patrick Laurent et ses gardiens préparent les chevaux pour aller au-devant des taureaux. "Si on est calme, les bêtes seront calmes, que ce soit le cheval ou le taureau", explique le manadier. Toute la famille participe ensuite à l’équipée, pour encercler le troupeau et en faire sortir certains taureaux. "Notre boulot avec le cheval, c’est le face-à-face avec le taureau qui veut rester avec ses congénères, mais bien sûr il faut y aller, au boulot comme tous les matins", ajoute Patrick Laurent, qui voit son travail comme "une vraie passion" allant jusqu’à le "réveiller la nuit". Son fils Paul, 17 ans, prendra bientôt la relève. Taureaux des arènes Les taureaux sont élevés pour devenir des champions des arènes. Pas de mise à mort dans les courses camarguaises : les hommes en blanc tentent simplement de récupérer des attributs fixés sur la tête du taureau. Le meilleur taureau de Camargue est récompensé chaque année par un trophée, le Biòu d’or. "C’est la fierté et on travaille pour ça", reconnaît Henri Laurent, le père de Patrick. L’atmosphère particulière de la région et le charme des manades attirent de plus en plus d’artistes. La famille Laurent, elle, n'a pas fini de raconter son histoire...