En Camargue, des militants écologistes assument de parler environnement avec un député RN

Le logo du Rassemblement national - AFP
Le logo du Rassemblement national - AFP

Les écologistes peuvent-ils discuter de l'environnement avec l'extrême droite? Une rencontre a été organisée entre des militants EELV et Emmanuel Taché de la Pagerie, député Rassemblement national (RN) des Bouches-du-Rhône, apprend-on dans La Marseillaise.

Objectif: aborder les enjeux environnementaux en Camargue. Parmi les personnes présentes, Véronique Coulomb, responsable du parti pour le Pays d'Arles. Elle assume cet entretien avec Emmanuel Taché de la Pagerie.

"C'est nous qui l'avons sollicité en tant que membre de la commission développement durable de l'Assemblée nationale", explique-t-elle dans les colonnes de La Marseillaise, indiquant avoir envoyé une invitation au député dès son élection.

"Il y a des thématiques où on est obligés de faire avec ceux qui sont en face de nous. Malheureusement, nous sommes dans des territoires où parfois, 90% des habitants ont voté RN. On ne peut pas s’empêcher de parler avec les gens qui nous entourent", se justifie Véronique Coulomb. Tout en soulignant qu'elle "aurait préféré que ce soit quelqu'un d'autre".

De son côté, Emmanuel de la Pagerie a publié un cliché de la rencontre sur son compte Facebook pour se féliciter d'un "entretien constructif". Sur la photo, on le voit attablé dans un café avec trois militantes dont Véronique Coulom. Puis, l'élu a supprimé son poste selon les informations de La Marseillaise.

"On ne discute jamais avec le Rassemblement national"

Contacté par La Marseillaise jeudi, puis par BFMTV.com ce vendredi, le sénateur écologiste des Bouches-du-Rhône, Guy Benarroche, indique qu'il n'avait pas connaissance de cette rencontre. Pour lui, ces "militants se sont fait piéger par un député qui n'a aucune intention de défendre ces projets" écologistes.

Il insiste sur la position d'EELV:

"On ne discute jamais avec le Rassemblement national. Il n'y a aucune ambiguïté possible là-dessus."

L'élu estime néanmoins qu'il faut "s'attendre à une instrumentalisation de la droite et de l'extrême droite sur tous ces sujets-là". Il cite en exemple la motion de censure de la Nupes contre le budget du gouvernement votée par le Rassemblement national à la surprise général le 24 octobre dernier. En réponse, Les Républicains et la majorité présidentielle avaient mis sur le même plan la gauche et l'extrême droite.

Article original publié sur BFMTV.com