Pas-de-Calais: le procès de trois CRS poursuivis pour faux renvoyé, le plaignant britannique étant coincé en Angleterre

F.B.
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Justice (Photo d'illustration) - AFP
Justice (Photo d'illustration) - AFP

Le procès à Boulogne-sur-Mer de trois CRS, poursuivis pour faux et l'un d'eux pour violences sur un bénévole britannique venant en aide aux migrants à Calais, a été renvoyé ce jeudi au 22 juin, le plaignant étant coincé en Angleterre à cause du confinement.

Les trois agents, accablés par des vidéos tournées au smartphone, sont tous soupçonnés de faux en écriture et l'un d'entre eux de violences par personne dépositaire de l'autorité publique.

L'affaire remonte à juillet 2018, lorsque trois policiers font partir des migrants sous un pont à Calais, point de passage vers l'Angleterre, pour que les services de la ville puissent nettoyer.

La version des CRS démentie

Selon les agents, des bénévoles anglais "véhéments" à leur encontre s'en mêlent. Parmi eux, Tom Ciotkowski, 31 ans, qui aurait "repoussé fermement au niveau de la poitrine" un brigadier tout en l'insultant. Le brigadier l'aurait repoussé en retour, selon son procès-verbal. Dans l'altercation les deux hommes seraient tombés.

Mais cette version est démentie par les témoignages du groupe de bénévoles britanniques.

Lors du procès de Tom Ciotkowski en 2019, soupçonné d'outrage et de violences, avaient été visionnées des vidéos qui montraient les policiers cherchant à faire partir les bénévoles, notamment en assénant un coup de pied.

Le plaignant relaxé

On entend alors Tom Ciotkowski dire "do not hit women" ("ne frappez pas les femmes", ndlr) et prononcer un numéro de matricule. Puis Tom Ciotkowski, qui filme, est bousculé par le brigadier-chef et tombe seul sur la route au moment où passe un camion, par dessus une glissière de sécurité. Il est ensuite interpellé et placé en garde à vue.

Le tribunal l'avait finalement relaxé, estimant que "les vidéos discréditent les déclarations" des policiers et que des "constations médicales" ne plaident pas en faveur de la version policière. Il avait en retour porté plainte contre eux.

Jeudi, il n'a pas pu se déplacer au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer à cause du troisième confinement imposé en Angleterre depuis mercredi et a donc sollicité et obtenu le renvoi de l'audience.

Article original publié sur BFMTV.com