Calais : «Désolé, je ne peux plus vous nourrir à cause d’un arrêté municipal»

Libération.fr

Pour éviter tout «appel d'air», la maire de la ville interdit depuis ce jeudi «la présence prolongée» dans la zone des dunes, bannissant de facto les associations qui font des dons alimentaires aux migrants.

Empêcher les humanitaires de nourrir les migrants. C’est l’idée que la maire de Calais a trouvé pour tenter de dissuader les exilés de venir dans sa ville pour tenter de passer la Manche. Natacha Bouchart avait annoncé mercredi un arrêté municipal pour empêcher les distributions. Signé ce jeudi, il n’interdit pas noir sur blanc de donner à manger, seulement la «présence prolongée» dans la zone des dunes. Ça revient au même.

Près des bosquets de cette zone industrielle, où Libération avait suivi l’association Utopia 56 en maraude de nuit fin janvier, les associations caritatives distribuent 400 des 500 repas offerts chaque jour aux exilés. Les migrants se cachent là et tentent de se reposer en attendant le passage. Les associations viennent à leur rencontre. Elles estiment que l’arrêté est «inhumain et indigne», et assurent qu’elles continueront à nourrir les migrants.

«Sont interdites, toutes occupations abusives prolongées et répétées de la zone industrielle des dunes», stipule l’arrêté. Motif invoqué : elles seraient de nature «à perturber la tranquillité, la salubrité et la sécurité publiques», «à engendrer des tensions permanentes entre les ethnies […] et ont par le passé déjà dégénéré en rixes […] mais également provoqué des incendies et des explosions». C’est là que se trouvait la jungle évacuée en 2009 par le ministre de l’Immigration de l’époque, Eric Besson, alors que Natacha Bouchart était déjà maire. Mais à l’époque, les exilés venaient se nourrir aux distributions en ville.

«Fermement opposé à tout ce qui fait fixation»

«Nous n’empêcherons pas la distribution de repas, avait assuré mercredi Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur, lors de sa visite à Calais. Mais nous nous opposerons fermement à tout ce qui fait fixation.» L’Etat ou la ville refusent (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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