A Calais, les associations redoutent les conséquences du Brexit pour les migrants

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Les politiques d'asile et d'immigration ne figurent pas dans l'accord de Brexit signé entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Elles feront l'objet de futures négociations. Quoi qu'il en soit, le Brexit aura des conséquences pour les exilés présents à Calais qui cherchent à passer illégalement en Angleterre.

Avec notre envoyé spécial à Calais, Alexis Bédu

Chaque jour sur le port de Calais, des exilés risquent le passage vers l'Angleterre en se cachant dans des camions. Ces tentatives donnent régulièrement lieu à des courses-poursuites avec les forces de l'ordre et se soldent parfois par des drames.

L'extrême surveillance du lieu accentuée par le Brexit rendra ces traversées encore plus périlleuses, prévient Juliette Delaplace, chargée de mission au Secours catholique : « La frontière va être renforcée et les personnes vont prendre plus de risques pour traverser. Or on sait que la frontière est déjà extrêmement meurtrière. » Depuis son arrivée à Calais en mars dernier, 12 exilés ont déjà trouvé la mort. « C'est énorme, juge Juliette Delaplace. Beaucoup trop. »

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Avec le Brexit, le Royaume-Uni sort également du Règlement de Dublin, un texte européen qui permettait aux exilés mineurs d’entrer sur le territoire britannique s’ils venaient rejoindre un membre de leur famille. « Même les mineurs non accompagnés qui auraient des proches au Royaume-Uni n'auront d'autre choix que d'emprunter des routes extrêmement périlleuses par bateau ou par camion, s'alarme Juliette Delaplace. C'est à notre sens un effet extrêmement difficile, douloureux et dangereux du Brexit. »

La frontière britannique est située en France depuis les accords du Touquet signé en 2003. Avec le Brexit ils ne sont plus valables. Et pour le directeur du port de Calais Jean-Marc Puissesseau, ils doivent être renégociés : « Boris Johnson voulant être maître de ses frontières, il faut que quelque chose se passe pour celle qui est à Calais. Ça nous coûte beaucoup d'argent et nous ne sommes pas subventionnés. » Un avis que partagent de nombreux Calaisiens, pour qui le Royaume-Uni doit assumer et réintégrer la frontière sur son territoire.