Calais: un an de sursis requis contre un CRS pour violences et faux en écriture

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Le tribunal de Boulogne-sur-Mer a requis un an de prison avec sursis contre un CRS (photo d'illustration) - -
Le tribunal de Boulogne-sur-Mer a requis un an de prison avec sursis contre un CRS (photo d'illustration) - -

Un an d'emprisonnement avec sursis a été requis mardi contre un CRS jugé pour avoir violenté un bénévole britannique lors d'une intervention d'évacuation de migrants à Calais et pour avoir falsifié son PV, contredit par des vidéos.

Le ministère public a également requis une interdiction d'exercer pendant cinq ans. Six mois de prison avec sursis et une interdiction d'exercer pendant un an ont été requis contre deux autres CRS, jugés pour faux en écriture publique, soupçonnés d'avoir falsifié leurs témoignages corroborant les déclarations de leur chef ce jour-là. Le procès devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer s'est tenu en l'absence de la victime, 32 ans, empêchée de venir à cause du Covid-19.

Des faits survenus lors d'une évacuation de migrants

Le 31 juillet 2018, les trois CRS, des compagnies 40 et 61, participent à une opération d'évacuation de migrants sous un pont à Calais, point de passage vers l'Angleterre. Selon le PV d'interpellation rédigé par le brigadier-chef L.M., qui a ensuite déposé une plainte, des associatifs britanniques "véhéments" s'en mêlent. L'un d'eux, Tom Ciotkowski, le "repousse fermement au niveau de la poitrine". "Dans un réflexe de défense", le fonctionnaire le "repousse", Tom tombe et l'"entraine avec lui au sol".

Les deux PV de témoignages du brigadier N. G. et du gardien de la paix R. L., qui était dans le fourgon au moment des faits, corroborent ses déclarations. Le bénévole de Help Refugees est interpellé, renvoyé pour outrage et violences sur policier et finalement relaxé en 2019 grâce à des vidéos prises par des associatifs.

Sur la base du rapport de l'IGPN, le parquet a renvoyé les trois fonctionnaires, tous pour faux en écriture publique et le brigadier-chef pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique sans ITT.

Preuves vidéos à l'appui

Sur les vidéos diffusés à l'audience, on voit Tom Ciotkowski bousculé par L. M., et qui tombe, seul, sur la route par dessus la glissière, au moment où passe un camion. Les débats se sont concentrés sur la question de savoir qui a été témoin de quoi précisément et s'il y a eu volonté de mentir.

"Je n'ai jamais eu une volonté d'écrire quelque chose de faux. Au moment où j'écris le PV, pour moi j'étais tombé. C'était le ressenti que j'avais eu", a maintenu le brigadier-chef, relevant également une "pression de la hiérarchie" pour que l'opération se termine vite.

"Avec les vidéos effectivement, Tom Ciotkowski n'a pas poussé le chef" a reconnu R. L., disant avoir été "persuadé" du contraire il y a trois ans. L'un d'eux a eu un blâme, l'autre n'a pas été sanctionné et le brigadier est passé en conseil de discipline qui a proposé une semaine d'éviction.

Couvrir des violences

"Quand on est au parquet, on doit être en mesure d'avoir des PV clairs, objectifs" et pouvoir avoir "confiance", a souligné la procureure Dorothée Perrier, disant avoir la "désagréable impression" que les PV, "dont le contenu ne correspond pas du tout à la vérité", "c'est pour couvrir des violences et justifier une interpellation intempestive".

Me Laurent-Franck Liénard, avocat de R. L., a plaidé la relaxe. "C'est une affaire à deux balles, il n'y a pas d'ITT, pas de blessé. C'est un non événement", a-t-il affirmé. "Ce n'est pas si facile de faire la police d'une manière générale, encore plus difficile à Calais (...) Ce ne sont pas des robocops", a-t-il souligné.

L'avocate des deux autres fonctionnaires, Me Emélie Samson, a souligné "l'incohérence du parquet" qui avait requis du sursis contre Tom.

Article original publié sur BFMTV.com

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