Calais: affrontements entre migrants et forces de l'ordre en marge du démantèlement d'un campement

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Un camp de migrants à Calais, en 2020. (ILLUSTRATION) - PHILIPPE HUGUEN / AFP
Un camp de migrants à Calais, en 2020. (ILLUSTRATION) - PHILIPPE HUGUEN / AFP

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Des affrontements ont éclaté entre forces de l'ordre et migrants ce jeudi matin à Calais dans le cadre d'une opération d'évacuation d'un camp, a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais dans un communiqué. "Louis Le Franc, préfet du Pas-de-Calais, condamne fermement ces violences et apporte son soutien total aux policiers et gendarmes blessés", précise ce texte.

Alors qu'un camp de migrants était démantelé ce jeudi matin dans la zone de la Turquerie à Calais, dans le Pas-de-Calais, une centaine de migrants ont refusé de quitter les lieux et ont fait preuve d'une "très grande agressivité" à l'égard des policiers et des gendarmes présents sur les lieux, d'après la préfecture.

Les forces de l'ordre ont été la cible de "nombreux jets de projectiles", toujours selon la préfecture, et une quinzaine d'entre eux ont été blessés et ont dû être pris en charge par les secours.

Jets de cailloux face aux gaz lacrymogènes

Présente sur place, Emma du réseau inter-associatif Human Rights Observers (HRO), a fait état d'"au moins trois personnes exilées" blessées et transportées à l'hôpital, auprès de l'AFP. Selon elle, quelque 200 personnes vivaient sur ce site.

Lors des expulsions récurrentes, "habituellement les personnes sont autorisées à partir avec leurs affaires", mais ce matin "les forces de l'ordre ont ordonné aux agents de nettoyage de tout saisir et un cordon de CRS s'est créé à 9h30", a-t-elle relaté.

Puis, les CRS ont "coursé les personnes exilées vers la sortie du périmètre", leurs tentes sont alors restées à l'intérieur de ce périmètre et "les agents de nettoyage avaient pour ordre de tout saisir", a-t-elle poursuivi. Une rixe a alors éclaté "entre les personnes exilées qui lançaient des cailloux, et les CRS, qui utilisaient des gaz lacrymo et des LBD", a-t-elle expliqué.

"Le dispositif policier était bien plus important qu'à l'accoutumé" avec quelque "dix vans de CRS", a souligné auprès de l'AFP Pierre Roques de l'Auberge des Migrants.

Selon la mairie limitrophe de Marck, le campement abritait une centaine de migrants, en majorité africains, qui s'y étaient réinstallés après un précédent démantèlement il y a quelques semaines.

La tension retombée dans la matinée

La préfecture a rappelé que l'installation de camps par les migrants à Calais constituent des "occupations illicites" et assuré que leurs opérations de démantèlement "ont pour objectifs d’éviter la reconstitution d’un important campement insalubre et de soustraire les personnes migrantes des réseaux mafieux de passeurs qui les incitent à traverser la Manche au péril de leur vie".

La candidate du RN à la présidentielle Marine Le Pen a fait part de son "soutien" sur Twitter à l'égard des policiers blessés, déplorant un "laxisme migratoire".

La tension était retombée ce matin et l'opération d'évacuation des migrants de Calais s'est achevée en fin de matinée, a indiqué la préfecture.

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Depuis 2017, 15.355 personnes ont été mises à l’abri dans le cadre de ce type d'opérations a souligné le préfet.

Article original publié sur BFMTV.com

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