Un homme brûlé à Caen lors d'une intervention policière : l'utilisation du Taser en cause ?

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Un pistolet à impulsion électrique Taser (Photo by VALERY HACHE/AFP via Getty Images)
Un pistolet à impulsion électrique Taser (Photo by VALERY HACHE/AFP via Getty Images)

Vendredi dernier près de Caen, un homme qui s’était aspergé d’essence prenait feu lors de la visite d’un huissier. L’utilisation d’un pistolet Taser pourrait être à l’origine du drame.

L’IGPN (Inspection générale de la police nationale, ou police des polices) a été saisie, a déclaré Amélie Cladière, la procureur de Caen, dans un communiqué. Mais, poursuit-elle, “il n'est pas établi, à ce stade, qu'une infraction pénale ait été commise, et une enquête administrative devra nécessairement être conduite". Il s’agit en effet de déterminer quel a été le facteur décisif dans l’embrasement d’un homme qui s’était aspergé d’essence à l’occasion de la visite d’un huissier pour saisie.

D’une procédure normale à un cas exceptionnel

Vendredi 7 août, un huissier se présente rue Pressoir, à Saint-Contest, dans la banlieue de Caen. Il est accompagné des forces de l’ordre : lorsqu’il s’était rendu une première fois au domicile du débiteur pour saisie de sa voiture, l’homme s’était opposé à l’officier public, proférant des insultes à son encontre. Suivant la procédure, l’huissier revient donc, cette fois accompagné de la puissance publique.

Mais l’homme de 60 ans ne se laisse toujours pas faire. Pire, il s’asperge d’essence et semble s’avancer vers les officiers en tenant un briquet à la main. Une policière utilise alors son pistolet Taser : l’homme s’embrase instantanément. “Il apparaît que, dans l’intention d’empêcher un geste fatal, l’action des services de police a pu contribuer, malheureusement, au résultat dramatique qui s’en est suivi. En effet, l’usage du Taser dans une atmosphère imprégnée d’hydrocarbure a pu déclencher l’embrasement”, explique le communiqué de la procureure.

Légitime défense et mise en danger d’autrui

Une enquête est donc ouverte. D’abord pour “recherche des causes de blessures”, elle l’est désormais pour “blessures involontaires”. Une source syndicale du commissariat tient à souligner, dans Ouest-France, qu’il s’agissait d’une “situation très délicate : “la personne aurait aussi pu s’immoler avec son briquet et il semble qu’elle s’avançait vers les policiers.”