Cachemire indien: cinq soldats tués par des rebelles présumés

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Cinq soldats indiens ont été tués ce 11 octobre par des rebelles présumés au Cachemire sous contrôle indien, selon un porte-parole de l'armée.

« Un JCO (un officier junior) et quatre soldats ont été tués, probablement par des infiltrés, au cours d'une opération de recherche (...) L'opération se poursuit », a déclaré à l'AFP le colonel Devendar Anand.

Les tirs ont eu lieu dans un col de montagne près de la ligne de contrôle (LOC) qui sépare la région du Cachemire administré par le Pakistan. Il s'agit de l'incident le plus meurtrier impliquant l'armée indienne dans la région depuis l'annonce en février d'un cessez-le-feu entre l'Inde et le Pakistan le long de la frontière effective.

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L'Inde et le Pakistan se partagent le Cachemire depuis leur indépendance en 1947, et revendiquent tous deux la totalité de la région himalayenne. Depuis plus de trois décennies, des groupes rebelles combattent les soldats indiens, réclamant l'indépendance du Cachemire ou sa fusion avec le Pakistan. Des dizaines de milliers de civils, de soldats et de rebelles sont morts dans ces combats. L'Inde accuse le Pakistan de soutenir la rébellion.

Le Cachemire sous contrôle indien connaît un regain de tensions depuis la révocation par New Delhi de son statut de semi-autonomie en août 2019, l'obligeant à appliquer de nouvelles lois et à en supprimer d'autres.

Ces derniers temps, une série d'attaques revendiquée par un groupe rebelle a pris pour cible des civils, dont deux enseignants, appartenant à la communauté sikh, abattus la semaine dernière.

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Des centaines d'arrestations

Près de 500 personnes soupçonnées d'avoir des liens avec des groupes religieux et activistes interdits ont été arrêtées à travers le territoire à la suite de ces meurtres, a déclaré dimanche à l'AFP un responsable de la police sous couvert d'anonymat. « Rien ne sera négligé pour trouver les assassins », a-t-il ajouté.

Un haut responsable du renseignement antiterroriste a été envoyé par New Delhi dans la région pour diriger l'enquête. La National Investigation Agency, la force antiterroriste indienne, a convoqué 40 enseignants de la ville principale de Srinagar pour les interroger dimanche, selon des responsables.

Au moins 29 civils, dont des membres de partis politiques pro-indiens, ont été abattus au Cachemire depuis le début de l'année, selon les autorités, précisant que vingt-deux d'entre eux étaient musulmans.

Le Front de résistance, groupe rebelle relativement récent, a revendiqué ces assassinats dans une déclaration désignant les victimes comme des collaborateurs des forces de sécurité indiennes. Leurs revendications, publiées en anglais, ont circulé sur de nombreux groupes WhatsApp. Mais elles n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante par l'AFP.

Ces dernières attaques ont semé la peur parmi les minorités du Cachemire. Samedi, Human Rights Watch, organisation de défense des droits de l'homme, a demandé que les auteurs présumés ainsi que les forces de sécurité indiennes accusées d'abus, notamment de harcèlement, de torture et d'exécutions extrajudiciaires, répondent de leurs actes. « Les Cachemiris sont pris dans une violence incessante due aux attaques des rebelles et aux abus des autorités gouvernementales et des forces de sécurité », a accusé Meenakshi Ganguly, directrice de HRW pour l'Asie du Sud, dans un communiqué.

(Avec AFP)

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